Rencontre avec Mariette.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

7H30 samedi coup de fil :

- »Allo ? »

« Oui, c’est JM. J’espère que je ne te réveille pas ? »

Un rien inquiet :

- »Non… Qu’est-ce qui t’arrive… ? Rien de grave…?

J’étais quand même sur le cul : un samedi ? JM n’est jamais joignable les week-ends. Si vous l’appelez, vous tombez systématiquement sur sa messagerie vocale.. Je me suis tout de suite dit : çà y est il a fait une connerie, il quitte Mariette.

« Oui et non, ne t’ inquiète pas ; j’aurai besoin de ton aide pour déménager Carine… Tu es disponible ? »

- »Déménager ta fille ???? Heu… Oui… Tu me prends au dépourvu ; il faut juste que je prévienne Sophie, je devais la rejoindre sur Hyères pour passer 2 jours à Porquerolles… Elle va faire la gueule… »

Désemparé : « Ah ? Mince… Je vais essayer de me débrouiller autrement. »

- »Non ! Attends, tu n’as personne d’autre à qui demander ? »

 » Non ! Tu es le seul qui ai répondu au téléphone. C’est une urgence, je t’expliquerai… ».

De bonne grâce, contrainte :

- »Ok c’est bon. Je viens te prêter main forte ».

Soulagé :

« MERCI ! Je te revaudrai çà… Résidence Bella Vista, Allée des Cyprès dans le 9ème. On t’attendra devant »

- »Qui çà ? ON »

« Carine, un de ses copains, Mariette et moi »

- »Mariette ? Mais comment tu lui as dit qu’on se connaissait ?

« Je lui ai dit, que tu étais un client venu pour un projet de construction de villa… Et de là, on avait sympathisé…. »

- »Oh punaise !… Et…. Je suis quoi ? Divorcé ? Célibataire ?… « 

Embarrassé :

« Je lui ai dit que tu avais une relation avec une femme…Sophie ? »

Il n’a menti qu’à moitié ; car JE N’AI PAS…, mais plus précisément J’AI EU une relation de 5 ans avec Sophie que j’avais quitté pour un homme… Le temps avait passé depuis notre rupture et elle était devenue ma meilleure amie.

Mais comment expliquer à Mariette que Sophie et moi ne partagions pas le même toit et de surcroît que nous habitions à 60 kilomètres l’un de l’autre ??? J’avais moins d’une heure pour trouver un semblant d’explication qui tienne la route.

- »Ok ! On va faire avec… Bon ! A tout à l’heure ».

« Encore merci. On t’attend ».

Cà sentait l’embrouille. Mais je n’avais pas le temps de me poser plus de questions. Je verrai bien : haut les coeurs Monsieur Baden-Powell…

Je mis à peine 35 minutes pour rejoindre le lieu de notre rendez-vous. Ce fût facile pour les trouver, un petit camion de déménagement se trouvait devant le portail de la résidence.

Avec tout de même une certaine appréhension, j’allais connaître la femme de JM…

C’est Carine que je vis en premier qui fumait comme un dragon avec un copain.

- »Bonjour Carine. »

« Oh ! Bonjour Cyril ».

Elle m’apparut beaucoup moins stricte et noire qu’à notre première rencontre. Elle avait physiquement l’apparence et l’allure d’une fille de son âge, mais au cours de cette matinée elle se montrera comme je l’avais présentie : immature et écervelée. J’eus le temps de remarquer au passage, des traces bleuâtres autour de son cou, ainsi qu’une légère tuméfaction au niveau de la pommette droite.

Une simple poignée de main, pour le copain qui était venu prêter main forte.

- »Où sont tes parents ? ».

« Ils sont dans l’appart… Ah ! Mais les voilà qui arrivent »

Je vis Mariette en premier. Un petit bout de femme, plutôt gironde, un visage aux traits réguliers, des cheveux châtains très clairs, une démarche rapide et décidée qui tranchait avec celle du grand JM, plutôt nonchalante.

Elle vint à ma rencontre me remercier pour ma sollicitude.

Arrivé à moi, tout en prenant ma main entre les deux siennes elle dit :

D’un fort accent chantant marseillais :

« Je tiens à vous remercier du fond du coeur Cyril. Vous ne pouvez pas savoir quel soulagement j’ai eu quand JM m’a dit que nous serions un de plus pour le déménagement ».

Grand seigneur :

- »Mais ce n’est rien… »

« Ah non ! Quand même… Jean-Marcel m’a expliqué brièvement que vous deviez partir en week-end ? »

Impérial :

- »Oui, mais ce n’est pas grave. Ne vous faites pas de souci ».

« Je suis vraiment désolé… Je ne sais pas si Jean-Marcel a eu le temps de vous expliquer mais mon frère devait venir nous aider ; seulement ma tante est tombée dans la nuit et s’est fracturée le col du fémur ; il est à l’hôpital avec elle pour la veiller… Bon ! Sur ce… On monte prendre un petit café pour nous mettre en jambe ? »

- »Bien volontier. »

« Je prends le thermos dans le camion et on y va ».

Je trouvai Mariette joviale, enjouée, très sympathique, et d’une nature organisée. Pendant ce temps JM, était venu me faire la bise.

« MERCI Cyril, vraiment ! »

« De rien, aller… Mais au fait, que s’est-il passé ? Pourquoi ce déménagement précipité ? ».

« Ah c’est vrai, je n’ai pas eu le temps de t’en parler ».

Il est vrai que JM avait autre chose en tête. Et quand je dis autre chose je pèse mes mots : la chochose Daniel…

« Montons et je t’explique tout çà là haut. Carine tu viens ? »

La pintade était en train de rire comme une bêtasse.

Toujours aussi distinguée :

« Ouais ! J’ARRIVE… »

Pendant que nous montions, j’imaginais une Mariette suspicieuse ;  je redoutais ce moment où elle poserait des questions fatidiques du genre :

« Et… Vous êtes donc un client de Jean-Marcel ? » ou « Et… Vous êtes marié ? »ou encore   »Ah bon ? Et…Vous ne vivez pas ensemble avec votre compagne…???? ».

Je savais comment, et surtout où, Mariette avait connu JM. Je me disais qu’à ses yeux, il ne devait pas faire de doute que ma rencontre avec JM n’était pas tout à fait celle racontée par son cher et tendre.

Comment allai-je m’en sortir…

Le déménagement de Carine.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

L’appartement de Carine était situé au 4ème étage sans ascenseur ; c’est un détail pour vous lecteurs, mais qui devient capitale pour le déménageur occasionnel que j’étais devenu pour la circonstance.

L’appartement paraissait impersonnel et sommairement meublé. Encore un détail pour vous, mais qui pour moi…. Je mesurais ainsi la facilité de la tache, sachant qu’avec un peu de chance, le partage du mobilier aura été équitable…

Pressé de connaître la raison de ce déménagement hâtif, une question me BRULAIS les lèvre s :

En aparté avec JM :

- »ALORS ? Qu’est-ce qui c’est passé ???? Racontes… »

« Mariette ! Tu me préviens quand Carine arrive. »

A voix basse :

« Le jour où je suis passé te voir, Carine nous a téléphoné en larmes. Elle s’était violemment disputée

avec Jérémy, pour une histoire de vêtements non repassés… »

- »Ah bon ? Et ils se séparent pour çà ? »

« Attends la suite. Ils n’en sont pas à leur première altercation… Un coup c’est la vaisselle pas faite ; un coup le ménage…; un coup le désordre… Bref ! Ce soir là, elle nous appelle pour nous annoncer qu’elle était à bout et qu’elle envisageait une séparation… »

- »Si vite ??? »

« MAIS ATTENDS nom de dieu. Qu’est-ce que tu peux être pressé ».

Mariette l’interpelle :

« Carine arrive ! ».

JM change de conversation reprend à parler normalement :

« …. oui, je te disais donc qu’on allait commencer par vider la cuisine ; en premier, on va descendre le réfrigérateur et la machine à laver ».

Ooops çà commence fort.

Jouant la surprise :

« Ah Carine tu es là. Tu vas aider ta mère à débarrasser la vaisselle des placards et les mettre en carton. »

Il n’y avait pas grand chose à déménager, sauf que rien n’avait été mis en carton.

Tout en descendant le réfrigérateur, JM repris où il avait laissé son histoire :

« On a tenté de la calmer ; de lui dire que ce sont les aléas de la vie à deux ; qu’il fallait qu’ils prennent leurs marques….Que çà aller s’arrangeait… »

Entre deux étages :

« Une minute ffffouuuu, on fait une pause fffffouuuu,  je reprends mon souffle… Ffffffouuuuu… Donc, impossible de la raisonner… Plus on essayait de temporiser, et plus elle voulait quitter Jérémy… Tu sais, elle est testarde la petite… Une fois raccroché, elle est venue à la maison pour passer la nuit. Du coup, nous on a passé une nuit blanche… »

« Aller, on reprend. Tu es prêt ? Trois, quatre ».

Tout en descendant les deux derniers étages, JM continua :

« Le lendemain, elle a demandé à Jérémy de la rejoindre à l’appartement pour se partager les meubles. Elle a eu l’intuition de faire venir sa cousine comme témoin… Jérémy est arrivé avec un copain. La discussion a commencé entre lui et Carine et très vite, çà a dégénéré en dispute. Il lui a retourné une gifle du revers de la main. Carine s’est mise a hurler et pour la faire taire, il lui a passé les mains autour du cou… »

JM soufflait comme un boeuf ; et moi comme un veau.

« Qu’est-ce qu’il est lourd le con. Cà va toi ? »

- »Oui, c’est bon… On continue jusqu’au camion. »

JM poursuivit :

« Heureusement que sa cousine était là, qui a commencé a crier. Le copain de Jérémy a voulu la faire taire aussi, la retenir mais elle a eu le dessus, et elle s’est précipitée dans la cage d’escalier en hurlant.

Prit de panique par ces hurlements, Jérémy a lâché prise et s’est enfuit avec son copain. Et depuis plus de nouvelles. »

- »Mais quelle histoire….Et….. Vous avez essayé de le recontacter ? »

« Tu penses qu’on a essayé. Mais on tombe à chaque fois sur sa messagerie »

- »Il ne sait pas que Carine déménage aujourd’hui ? »

« Non. Mais ce sont les gendarmes qui nous ont conseillé de déménager au plus vite. »

- »Les gendarmes ? »

« Carine après cet épisode, à eu le réflexe de se rendre à la gendarmerie, pour porter plainte »

Eh bien ! Elle ne perd pas le nord la bécasse.

- »Ta fille n’a pas l’air si traumatisée ».

« AH SI qu’elle est… « 

Que les parents sont parfois crédules devant leur « merveille ». La « traumatisée » était d’humeur badine ; en plus, je m’aperçus très vite que la « petite », était une grande feignasse. Je pensais au calvaire qu’avait du endurer ce pauvre Jérémy…

- »Au fait, c’est qui ce copain ? »

« Ah Antony ? C’est un copain que Carine a rencontré sur le net il y a quelques semaines. Ils ne sont que copains ; lui espére d’avantage mais Carine a mis les chose au point. »

- »Elle faisait des rencontres sur le net alors qu’elle était avec Jérémy ???? »

« Oui, mais qu’amicales, les rencontres ».

Ironique :

- »Tu fais bien de me le préciser… ».

« Oh! Que tu as les idées bien mal placées ».

- »Mais non, mon JM ! Pourquoi dis tu çà ? C’est comme toi et moi : on ne cherche que des rencontres amicales… »

Carine, à l’avenir changera autant d’orientations professionnelles que de petits copains. Elle se reprendra un autre plat de la main par une de ses futures liaisons. Comme quoi !!! A cette occasion, elle ne portera pas plainte. Une fois suffit.

En deux rencontres, excepté l’avarice la péronnelle me montrera un échantillon, de chacun des 7 pêchers…

Le déménagement se fit en 3 heures. Mariette ne m’avait posé aucune question sur ma vie. J’étais presque soulag é, quand au moment de nous dire au revoir elle lança :

« Vous conviendrez d’un jour avec JM, pour venir manger à la maison avec… Votre amie ».

Sophie jouera le jeu… Nous reverrons souvent Mariette et JM ; des invitations chez les uns, et chez les autres ; des week-ends à la montagne ; nous partirons même en voyage ensemble. Mariette ne nous posera guère plus de questions, sur la relation que nous entretenions Sophie et moi. Et je comprendrais plus tard pourquoi une telle discrétion sur notre vie privée.

Quant à JM au moment de partir, il me glissa à l’oreille :

« Je t’appelle tout à l’heure, j’ai quelque chose à te demander… »

Je pris la route pour rejoindre la presqu’île de Giens, afin d’embarquer pour Porquerolles.

Sur la route, mon téléphone se mit à sonner : c’était JM… Que me voulait-il ?

Le mensonge.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Que j’étais bien crédule…..

- »Oui, JM ? Je te rappelle ; je suis sur l’autoroute et me gare dès que je peux… ».

Je rappelle JM :

- »C’est Cyril, qu’est-ce que tu veux ? »

« MMMMMhhhh ! Volià…. Est-ce que demain tu peux m’appeler à la maison, pour me demander de venir te récupérer à Giens ? »

Naïvement :

- »Pourquoi faire ? »

Droit au but :

« Daniel, aimerait qu’on passe la soirée ensemble… »

J’étais à cent lieux de penser que JM me demanderait de lui servir d’alibi.

- »Tu déconnes ! Et Mariette… ? Non, çà craint. Et puis c’est différent maintenant je la connais… Non… Désolé ! »

« Aller… Soit cool ! Cà ne risque rien. Daniel a insisté et moi… J’ai trop envie »

- »Tu le connais à peine ce mec. Il est au courant de ta situation. Il sait que tu ne peux pas te libérer… Alors qu’est-ce qu’il veut de plus… « 

JM me coupe :

« Je sais… Mais qu’une fois ! Aller… »

- »Ecoutes, pour être franc avec toi : je ne le sens pas ce mec ! Je NE l’aime pas. Il va te faire faire des conneries. Tu risques de tant mordre les doigts… »

« C’est facile de dire çà toi… Tu es bien mal placé pour me faire la morale…! »

- »OH LA ! Mon collègue ! Je vais te parler en ami. Nos situations n’ont rien de comparables. Je te rappelle au passage, que je ne suis pas parti pour un mec, ni sur un coup de tête, nuance. Et tu le sais… Et si tu quittes Mariette, je ne suis pas certain que tu puisses vivre seul… »

« Mais, il y a Daniel ».

- »Ah wouai ? Parce que çà y est ! Vous voulez vous installez ensemble ? »

Touché :

« Mmmmais non ! »

- »Alors, vas-y ! Dis moi qu’est-ce tu connais de Daniel »

« Il est drôle, on passe de bons moments ensemble,………. »

Coulé :

- »Voilà ! C’est tout ? Tu en as fais le tour ? Et tu le connais au quotidien ? Non ! Alors arrêtes ton char. Tu sais, tu as certainement plus d’expérience au niveau cul je te l’accorde ; mais en terme de relation avec les mecs je peux te mettre en garde sur quelques points… »

« Je suis amoureux… S’il te plaît ! Que pour cette fois, j’en ai besoin : je m’ennuie avec Mariette ; le boulot tu le sais c’est pas top ; ma soeur est malade ; maintenant la tante de Mariette ; que des emmerdes… Aller « 

- »Tu fais chier JM. Tu ne veux rien entendre ? Ok ! Je t’aurais prévenu….Bon, alors à quelle heure tu veux que j’t'appelle ».

« MERRCIIIII ! Coool ! Bon, tu m’appelles vers 20 heures à la maison. Je répondrai ne t’en fais pas. Tu dis que tu es en panne. Le temps de te rejoindre, il faut deux heures de route. Le temps d’essayer de te dépanner, disons une heure. Le temps de revenir par chez toi, de rentrer à la maison çà me laisse 6 bonnes heures devant moi… Bon, on est ok ? ».

- »Cà va ! J’ai compris… Au fait ? Le numéro de chez toi ? »

« Ah oui ! Alors note : 0491101112… « 

- »0491101112 noté. Tu fais une connerie et moi aussi. A demain au tel. Salut »

« Salut Cyril, et encore MERCI. Bon week-end ».

J’ai passé un excellent week-end sur l’île de Porquerolles. En rentrant le soir chez moi, je téléphone chez JM ; il décroche et tout se passe comme prévu… Mais le lendemain matin ; vers 8 heures ; mon portable sonne et au bout du fil……. Mariette…

La cata.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

« Bonjour, je vous prie de m’excuser si je vous appelle si tôt, je suis inquiète Jean-Marcel n’est pas rentré ».

LA TUILE !…. C’est ce que je me souviens avoir pensé quand Mariette s’est présentée. Puis ce fût comme un trou noir…Une fois le téléphone raccroché, la conversation que je venais d’avoir m’est revenue à l’esprit. Une sensation bizarre ; comme si un dédoublement c’était opéré.

Je n’ai jamais su mentir… A chaque fois que je l’ai fait, j’ai toujours été percé à jour, du moins c’est ce qu’il me semblait…. Donc, je préfère dire la vérité même si elle est parfois douloureuse. Mais LA, je ne m’explique pas ; parfois on réagit curieusement dans des situations d’urgence ; est-ce mon inconscient qui avait pris le dessus…??? Toujours est-il que :

- »Oui, bonjour Mariette, vous ne me dérangez pas. Ne vous inquiétez pas. JM est bien là. On est rentré à trois heures du matin ; et vu l’heure je lui ai proposé de dormir sur le canapé… Tout va bien, rassurez-vous. »

« Vous pouvez me le passer s’il vous plaît, son portable ne répond pas ? »

- »Il est sous la douche… Je lui dis de vous rappeler. A bientôt Mariette. »

Puis je suis comme retombé dans la réalité. Je me suis retrouvé assis, le coeur palpitant. Mon corps était pris de trémulations incontrôlables ; à la fois, dû à la crainte des conséquences de ma complicité mensongère, et en même temps surpris d’avoir eu cet aplomb…

Le téléphone toujours dans les mains, je mis un très court laps de temps pour composer le numéro de JM : messagerie… J’ai du le recomposer une bonne dizaine de fois, sans laisser de message ; à chaque appel, j’agonisais JM d’injures. Une fois ma rage passée, je laissais ce message :

- »Rappelle moi de suite, Mariette a téléphoné ».

Je modissais JM  ; non content de m’avoir entraîné à mentir, il avait eu aussi l’incommensurable bêtise de laisser mon numéro à Mariette. MAIS QUEL… CON !!!

Dans la seconde, mon téléphone se mit à sonner :

« Cyril, c’est JM… »

JM n’a pas eu le temps de poursuivre :

- »Tu FAIS chier. Mariette a téléphoné il y a….. dix minutes. Je lui ai dit que tu étais ici… Mais bordel où es tu ? »

Penaud :

« Excuses-moi… Je suis chez Daniel… On s’est endormi »

- »Ecoute mon grand, démerde toi comme tu veux, mais appelle-la tout de suite. Tu lui dis que tu sors de chez moi, et que tu prends la route OK ? ».

« Ok, je l’appelle tout de suite ».

Très sec :

- »SALUT. »

C’est l’unique fois où je parlerais sur ce ton à JM ;  je lui tiendrais un moment rigueur de m’avoir entraîné dans ce pathétique vaudeville.

Il me rappela le lendemain, mais je ne répondrai pas. Il laissa un message presque en larmes, dans lequel il se confondait en excuses ; il me disait ne plus savoir où il en était ; qu’il regrettait de m’avoir mis dans l’embarras ; qu’il m’en demandait beaucoup ces derniers temps… Qu’il ne savait pas vers qui se tourner ; qu’il avait besoin de mon écoute… Et qu’il FALLAIT que je le rappelle…

Je l’ai rappelé évidemment. Je ne pouvais le laisser dans cette détresse. Je crois qu’il aurait fait de même si j’avais traversé de tels moments…

Je lui ai proposé de le retrouver à son cabinet.

Cette période, ne fût pas la plus réjouissante pour tous les deux. Mais je découvrais un autre JM. Ce grand bonhomme m’apparut : sensible, sincère et fragile.

C’est à partir de ce moment que notre amitié s’est véritablement et solidement ancrée.

Le tournant…

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Je découvrais pour la première fois, l’endroit où oeuvrait JM.

Son cabinet se trouvait dans un bel immeuble haussmanien, dans un des quartiers chic de Marseille.

Arrivé au 5ème étage par un ascenseur, je me retrouvai devant une double porte d’entrée, sur laquelle était rivée une plaque de bronze gravée :

JEAN-MARCEL COLONNA

CABINET D’ARCHITECTE

Je sonnai… Après quelques secondes d’attente, JM vint m’ouvrir et m’accueilla par un triste sourire ; ses traits étaient tirés par deux nuits sans sommeil.

Il me fit entrer dans un vestibule dont la peinture des murs devait être à l’origine de couleur blanche. Appuyé contre le mur de gauche une table basse carrée en chêne clair ; de part et d’autre deux fauteuils défraîchis en bois et tweed des années 70 ; sur la droite, se trouvait une banque en forme de demi-lune de la même couleur que la table basse, sur laquelle était posées des piles de dossiers poussiéreux.

Du temps où les affaires étaient plus prospères, j’imaginais qu’une secrétaire devait accueillir la clientèle.

Après la bise d’usage, JM m’invita à passer dans son bureau ; une grande pièce carrée, très lumineuse, qui ouvraient sur trois grandes fenêtres, avec des plafonds moulurés très hauts.

A peine entré, le téléphone de JM se mit à sonner ; pendant qu’il décrochait, il me fit signe de m’asseoir dans un des deux confortable fauteuil club en cuir vieilli, qui faisait face à un imposant bureau à caisson des années 50.

Je fis un rapide tour d’horizon. Mon regard fut d’abord attiré par une table à dessin d’architecte ; derrière, une grande bibliothèque qui occupait tout un pan de mur, où s’alignaient un impressionnant rayonnage de livres ; un peu plus loin, je détaillais des maquettes de maisons posées sur des étagères, quand JM me dit sans entrain :

« Alors Cyril ? Quoi de neuf ? »

Ramenant JM à l’objet de ma visite :

- »Pas grand chose, mais toi par contre… C’est pas la grande forme… Comment çà s’est passé avec Mariette ? »

JM prit alors un élastique entre ses doigts, qu’il triturera durant tout notre conversation.

« Je suis rentré une heure après t’avoir rappelé. Mariette m’attendait. Elle m’a embrassé ; m’a demandé comment j’allais ; m’a dit s’être inquiétée… Je lui ai demandé de s’asseoir pour lui parler… »

Je ne laissa aucun signe d’inquiétude transparaître et pourtant….

« Il faut que je te dise Cyril, que je n’ai pas touché Mariette depuis plus d’un an. »

- »C’est toi… ou elle… ou tous les deux ?? »"

« Non, çà vient de moi. A chaque fois qu’elle a essayé de se rapprocher pour faire l’amour, j’avais toujours un prétexte pour me défiler »

- »Mais elle ne t’a jamais demandé d’explications ? »

« Je crois, qu’elle sait depuis toujours que la situation que nous vivons, allait arriver un jour ou l’autre. Ne vouloir rien voir, était sa façon de ne pas appréhender une réalité qui lui serait insupportable… »

Un long silence ponctua son récit. JM parût tout à coup oppressé :

« Je lui ai dit qu’il fallait qu’elle envisage de refaire sa vie… Qu’il me fallait vivre autre chose… Que j’étouffais… Que j’avais envie de liberté… C’était très dure, elle ne disait rien… Elle regardait juste les doigts de ses mains se croiser et se décroiser… »

JM marqua une pause. Je restais là sans bouger, sans répondre… J’étais ému et désemparé ; juste avec mon regard bienveillant et mon écoute.

Des sanglots étranglés dans la voix, JM reprit :

« Mariette n’a rien dit. Elle s’est levée… A posé un instant sa main sur ma tête ; elle s’est alors dirigée vers l’entrée où je l’ai entendu prendre des clefs, puis la porte qui s’ouvre et se ferme doucement… J’ai reconnu le bruit moteur de sa voiture ronronner un moment, puis s’éloigner lentement. J’ai réalisé que je l’avais peut-être perdue… »

JM pris une respiration profonde avant de continuer :

« Je ne sais pas combien de temps je suis resté comme çà les yeux dans le vague et la tête vide… C’est la sonnerie de mon portable qui m’a sorti de ma torpeur. Sur l’écran de mon téléphone un texto de Mariette :

« Je suis, et serai toujours à tes côtés. Je t’aime »

« Tu vas penser que je suis un salaud, mais j’ai tout de suite pensé à Daniel. Je l’ai appelé ; je suis tombé sur sa messagerie ; je lui ai dit que çà n’allait pas fort, et lui ai demandé de me rappeler…

Et il m’a rappelé oui… Pffffffff… Ce matin…

Avant de me demander comment j’allais, il s’est étendu sur le fait qu’il était débordé, qu’il n’avait pas de temps pour lui et même pas pour me téléphoner… Je lui ai répondu que tout allait bien ; que j’étais aussi débordé et que je le rappellerai dans la semaine… Il m’a juste répondu : ciao, bisous… ».

Le silence était pesant, à part les claquements secs et cadencés que faisait l’élastique entre les doigts de JM.

Dépité JM rajouta :

« Je dois admettre Cyril… Que tu n’avais pas tord à propos de Daniel… »

Tant qu’à moi, je pensais surtout à la douleur de Mariette… C’est alors que je m’assis au bord du fauteuil ; me rapprocha du bureau en y posant mes deux coudes avant de prendre la parole :

- »Daniel n’est pas le seul fautif, tu sais. Evidemment, pour lui ton escapade nocturne était sans conséquences sur ta vie d’homme marié. Je suis sûr qu’il n’a même pas mesuré le cataclysme que çà risquait de provoquer ; à sa charge il a du te forcer la main… Mais bon je t’avais un peu mis en garde sur ce genre de personnage…. Et puis il faut que tu reconnaisses que tu t’es emballé. Il ne t’a rien promis après tout… Tu as passé de bons moments avec lui ?!! Il te faisaient oublier pour quelques heures les soucis et tracas du quotidien ?!! Mais franchement, tu te voyais vivre avec lui ???? Quitter Mariette ? Pire vivre seul ? »

« Non, tu as raison, je le sais… Mais c’est dure, de penser que pour Daniel, je ne suis qu’une parenthèse, alors que pour moi… »

- »Je ne te juge pas, mais tu as pensé à Mariette ? Ce qu’elle peut éprouver ? Je la trouve courageuse, attentionnée, aimante… SI digne, pour réagir comme elle l’a fait. Je ne crois pas que tu puisses retrouver quelqu’un comme çà. »

Songeur et lointain :

« Je sais… Je lui ai proposé de reprendre sa liberté mais, elle n’en sera jamais capable… »

D’un coup, j’étais prit d’une colère contenue qui ira crescendo et qui n’épargnera pas JM :

- »Mais tu l’a sous-estime ! Je n’y crois pas. Tu as vraiment une si piètre opinion d’elle. Elle s’occupe de ta fille et de toi et vous n’êtes pas deux cadeaux ; de ta comptabilité ; des taches ménagères ; se démène toujours pour se trouver du boulot… Tu veux que je te dise : ta fille et toi vous êtes son talon d’Achille. Je te l’accorde ce n’est peut-être pas un canon, mais elle est charmante, souriante, spontanée, courageuse, et si tu crois qu’elle ne peut pas rencontrer quelqu’un… Tu te goures profondément. Par habitude, tu ne vois même plus l’amour qu’elle te porte sans rien te demander en retour… Tu as la chance qu’elle ne voit que toi, et qu’elle ne soit pas réceptive aux regards que certains hommes peuvent lui porter. Fais attention : elle peut changer… Je te le dis franchement : ne tente pas le diable JM… Tu vas te retrouver tout seul comme un con… »

Piqué et quelque peu revigoré JM me lance :

« Et toi ? Tu as quitté Sophie et tu t’es bien retrouvé tout seul… Alors ? »

Sur le ton de l’exapération :

- »Alors quoi ?Je t’ai déjà dit que tu mélangeais ta situation et la mienne. Je te rappelle une fois encore que c’était un choix de vivre SEUL. Je n’ai pas quitté Sophie pour une autre personne. J’insiste mais LA, est toute la différence entre nous. Tu as compris ce que je veux te dire ? Mariette ne te demande rien ; elle veut juste que tu restes avec elle ; s’acrifiant au passage sa vie de femme. Elle accepte ta vie d’homo. Ne l’a croit pas si dupe… »

« Oui, mais… »

Excédé, ne lui laissant pas terminer sa phrase :

- »Mais quoi encore ? Tu as l’argent du beurre, sans le cul de la fermière. Que veux-tu de plus ?… OHHHH… Tu es comme Daniel finalement : moi, moi, moi, moi,moi,…Tu ne penses qu’à toi… Tu finiras comme cette… »

Ressaisi, JM me coupa à son tour :

« STOP ! ARRETE ! Ne sois pas si agressif…  Je voulais juste te dire que… Oui tu as raison… Je vais devoir y voir plus clair dans ma vie. C’est juste… Dur de se prendre la réalité en face, c’est tout… ».

Surpris par le ton sur lequel JM m’avait répondu, je me rendis instantanément compte que j’étais peut-être allé trop loin :

- »Pardon JM, je retire ce que j’ai dit… Tu es tout, sauf… « 

En coeur :

« … comme ce CON de Daniel »

Puis nous nous sommes pris d’un faux rire salvateur, après cette discussion houleuse et emplie de tension.

Tout en riant :

- »Tu vois qu’on est d’accord… »

« Non, j’entends… »

Et nous nous sommes mis à rire de plus belle. Je crois qu’à ce moment là, on aurait pu nous annoncer la fin du monde, que nous n’aurions pu nous arrêter…

Je me suis levé en même temps que JM, Nous nous sommes rapprochés pour se tomber dans les bras, en une accolade fraternelle. Après quelques secondes, je me dégageais, des larmes de joie aux yeux :

- »Oh putain, çà y est je chiale aussi, merde alors ! Tu fais vraiment chier JM »

« Oh, la gonzesse »

Nous sommes repartis à rire… JM reprit son souffle pour demander :

« Quelle heure est-il ? »

Je regardai ma montre et lui donnai l’heure :

- »13H45″.

« Aller, je t’invite chez les filles »

- »Mais JM, le temps d’arriver elles ne nous serviront plus ? »

« V’ont pas faire chier les gouines, je te le dit… Sinon… Je les sodomise… »

A peine audible, entrecoupée par les rires :

- »MAIS… ELLES… NE SONT… PAS GOUINES… »

« MAIS… JE LE SAIS… »

Je me retrouvais plié en deux, prêt à tomber par terre. Si je n’y avait pas survécu, on aurait pu lire en épitaphe l’expression « Mort de rire »…

Après s’être calmé, JM ferma son cabinet. Nous irons euphorique, avec sa voiture vers le cours JU, afin de déjeuner chez « Les filles de l’astre goulu », où nous poursuivrons notre conversation plus calmement.

Le silence des agneaux

Author: Cyril  |  Category: Non classé


Nous arrivâmes vers 14H15 chez les filles de « L’astre goulu »… Contrairement à ce que nous avions pensé, les filles ne nous firent aucune remarque sur l’heure tardive de notre arrivée. Nous nous installerons à l’intérieur, car le temps s’était brusquement couvert et la pluie menaçait. Sur ma lancée de notre échange du matin, je persuadai JM de revenir vers Mariette. Ce qu’il fit. Cette journée fût à l’image du temps : grise et triste. Nous nous quittâmes vers 16H30, sous une pluie battante.

Les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules dit-on, et pour JM la loi des série sera cruelle. En l’espace de 6 mois, il perdra son unique soeur, sa mère et sa tante. Durant cette période, n’ayant pas le coeur à sortir JM se fera plus discret et nos pauses déjeuners épisodiques. Nous garderons un contact téléphonique pour se donner de nos nouvelles… Je retrouverai JM, plus tard et plus en forme que jamais après cette période funeste.

Pour ma part, une année dure émotionnellement ; largué depuis quelques mois par mon premier amour homosexuel, après une relation de 4 ans, je me retrouvai comme orphelin et abandonné.  Je m’étais raccroché à JM, comme à une bouée après un nauffrage ; j’étais devenu de surcroît addict à nos entrevues hebdomadaires et je ressentais un double manque cruel. Je comprendrai quelques années plus tard en consultant deux psychologues, que je souffrais d’abandonite… Je ne serai, je pense jamais guéri de ce sentiment d’abandon ;  j’arrive aujourd’hui à moins en souffrir après avoir suivi deux séries d’hypnoses ericksonnienne… Mais à l’époque, pour combler ce vide je pris la mauvaise habitude d’appeler les réseaux de rencontres gay. Au point que mes économies serviront à régler mes factures de téléphone. Je dois bien admettre aujourd’hui que je recherchais le clône de JM. Autant dire que je ne l’ai jamais trouvé… Ces interludes « téléphoniques » n’avaient pas pour but une recherche éffrénée de sexe, et je n’avais donc pas d’idées arrêtées sur un type précis d’individu. Ce manque de sélection me conduisis à des rencontres aussi improbables que parfois limite dangereuses… Je me souviens qu’une chaude après-midi d’août, plus par ennui que poussé  par une pulsion sexuelle je composais le numéro de téléphone d’un réseau local de rencontres gay. L’appel n’a guère duré que quelques minutes. Très vite, un type à la voix de stantor me laissa directement son numéro de téléphone, sous le prétexte qu’il allait être déconnecté car il n’avait plus d’unité sur sa carte téléphonique. Je composais en numéro masqué (par prudence) le numéro laissé. Après quelques sommaires échanges sur nos physiques respectifs, il me laissa son adresse où je me rendrai dans le quart d’heure suivant. Il habitait comme moi dans le VIII ème arrondissement de Marseille (arrondissement pour situé, est comme le XVI ème de Paris donc pas de crainte particulière ). Arrivé devant le hall d’entrée d’un immeuble cossu des années 70, je sonnais au Numéro 7. La porte vitrée du hall s’ouvrit presque aussitôt. Je pris l’escalier, pour me rendre au deuxième étage. Deux portes d’entrée dont l’une était ouverte. J’entrais et à peine à l’intérieur de l’appartement la porte se referma derrière moi. Ce qui me saisit tout de suite fut l’odeur qui me pris presque à la gorge : une senteur d’ordures ménagères nauséabondes laissées là depuis des jours, mélangée  à du tabac froid que l’occupant des lieux avait voulu masqué en aspergeant l’appartement d’eau de cologne bon marché : première horreur. L’appartement était plongé dans une semie pénombre. Il me fallut quelques secondes pour m’habituer au peu de lumière et je regrettais très vite que ma vue redevienne aussi perçante pour découvrir en me retournant vers la porte qu’il venait de refermer, une pure vision de cauchemar. Planté devant moi, torse nu, le presque sosie du personnage de Buffalo Bill tout droit sorti du film « Le silence des agneaux ». Omar s’appelait-il ! La trentaine,1M90 au garot, cheveux frisés hyperoxydés, le teint mat, plutôt décharné, et surtout un détail qui ne pouvait m’échapper un slip bleu ciel aux tâches douteuses. En un quart de secondes je me suis dit : « Je ne vais pas sortir de là vivant ?… Me raclant la gorge et d’une voix mal assurée :

« Eh bien voilà ! Salut ! »

« Salut … Cyril ? C’est çà ? »

« C’est çà… Et toi MMMMarc ! »

Une large sourire laissa apparaître une dentition irrégulière et surtout mal entretenue (moi qui craque sur les belles dentitions j’étais servi : mauvaise pioche)

« Pas exactement. J’ai un peu triché. En fait je m’appelle Omar mais comme j’aime bien Marc,… « 

Très vif et rapide comme l’éclair, il me contourna et me proposa à boire. Je répondis par l’affirmative pour gagner du temps. Il se dirigea prestement vers la cuisine.

« Mets toi à l’aise Cyril. Assieds toi sur le canapé. Pousse les affaires, mets les par terre ».

Du regard je fis une rapide inspection des lieux de ce petit appartement. Comme Omar m’y avait invité, je scrutai le canapé. Une sorte de clic-clac recouvert d’une housse aux couleurs indéfinissables mais aussi tachée que le slip d’Omar. Et c’est peu dire… Il s’amoncelait sur ce piteux clic-clac une montagne de linges enchevêtrés. Décontenancé, je restai là debout à me demander où j’étais tombé… Mon regard balayait l’appartement  et je ne voyais que des tas de linge partout ; par terre, sur un buffet henri II, sur un coin de table du même style, sur trois des quatre chaises qui entouraient la table,… Partout, il y en avait partout… Omar, revint avec deux verres d’eau.

Directif et me montrant le clic clac du menton :

« Beh ! Soit pas timide. Vas-y ! Assieds toi »

D’un pied il shoota dans une partie du linge posé sur le clic-clac.

Dans des moments comme celui-ci mes propos sont assez mal appropriés certes mais l’action toujours dans l’urgence calculée. Pour ne pas me retrouver assis sur le clic clac à côté de « Bill », je répondis :

« Je vais pas dérangé. Je vais m’asseoir sur la chaise ». Et aussitôt, je tirai la seule chaise restait libre et m’assis.

Cyril, trop fort ; tu échappes à Omar pour cette fois mais pour combien de temps pourras tu esquiver le moment fatidique ou Bill passera à l’action ? Je dois avouer qu’à l’époque je n’osais pas dire d’entrée la fameuse phrase que tout gay digne de ce nom à entendu ou prononcer : « Cà va pas l’faire » Et là, çà ne le faisait vraiment pas…

En me  tendant un verre d’eau :

« Ah je suis sur que tu te demandes pourquoi il y a tout ce linge ? »

« Non… Euh oui. »

Intéressé  :

« Pourquoi, il y a tout ce linge ? »

Je suis parfois bête à brouter de l’herbe.

« Ah ah. Le p’tit curieux… Je suis styliste. Je crée des costumes de théâtre. Enfin, pour tout te dire : je débute »

Le ton de ma voix ne pouvait trahir mon dépit :

« Ahhhhhhh… » Mon dieu, je réalisais que je me trouvais sûrement dans l’appartement thérapeutique d’un psy.

« Et toi tu fais quoi ? »

Pris au dépourvu, je balbutia au hasard :

« Comptable »

« Ah les chiffres moi j’aurais jamais pu… « 

Puis il se lança, dans une diatribe à l’encontre de la conduite menait par  le gouvernement de l’époque en matière économique. Cette logorrhée verbale me permit de réfléchir à ma sortie.

Il s’interrompit brusquement et je vis dans ses yeux qu’il se souvint de l’objet de ma visite.

Je souris et lui demanda où se trouvaient les toilettes.

« Elle marche pas. Va dans la salle de bain et tu pisses dans le lavabo »

Il m’indiqua la porte de la salle de bain que j’ouvris et je me mis de la main à chercher l’interrupteur. Comme je ne le trouvais pas je lui demandais :

« Il n’y pas de lumière ? »

« Elle est baisée. Laisse la porte ouverte »

Goupppps. La salle de bain était plongé dans l’obscurité. L’odeur y était intenable. Je trouvais à peine le lavabo ; je baissai ma braguette et j’essayai en vain d’uriner à cause de cette intimité imposée. A côté du lavabo, je distinguais en plissant les yeux une baignoire pleine de liquide et de je ne sais quoi. Je revoyais la scène du film où Clarisse se trouvait dans la cave de Bill ; plongée dans l’obscurité, Clarisse se retrouvait à un moment donné  à côté d’une baignoire pleine de chaire humaine en décomposition. J’étais comme Clarisse, à la différence que je n’étais pas venu pour serrer Omar et que je ne  voulais surtout pas savoir ce qui se trouvait dans la baignoire. En sortant, de la salle de bain je vis Omar qui se tenait le dos contre la porte d’entrée. Je comprenais ce que çà voulait dire et je fis diversion en demandant si le tableau accroché à ma droite était l’oeuvre d’Omar. Flatté, il s’approcha et me dit :

« Je suis aussi un peu artiste peintre comme tu peux le voir »

Il s’appuya contre le mur, releva le  bras droit derrière la tête et mes délicates narines n’apprécièrent guère le fumé qui se dégagea alors de son aisselle offerte. Beurkkkk !

« J’ai voulu symboliser l’attentat du 11 septembre contre les twins towers »

« Ah bon ? »

En m’approchant plus près du tableau je distinguai comme de petits os et là aussi une odeur que je n’arrivais ou que je ne voulais distinguer heurta mon odorat.

« Ce sont des os de ????… »

« Lapins qui symbolisent les victimes de l’attentat. »

« Et la couleur brûnit des tours ?

« Mes excréments que j’ai étalé et qui en séchant ont pris cette belle teinte brûlée. C’est exactement la couleur que je recherchais et symboliquement c’est tout ce que je pense du pouvoir impérialiste détenu par le gouvernement américain sur le monde. Une bonne baffe à ces enculés »

Oooops. Je reculais doucement affublé d’un sourire benêt. Et je me dirigeai en reculant vers la porte de sortie.

En s’avançant vers moi :

« Qu’est-ce que tu fais ? »

« Qui ? Moi ? Rien ! Je me suis souvenu (tout en regardant ma montre) que j’avais un rendez-vous. Que j’ai complètement oublié. »

Je devais être arrivé vers 14 heures et je constatai qu’il était 15 heures passées. J’étais plongé dans la quatrième dimension. Hors temps, hors espace. Et surtout qui savait que je me trouvais là ? Nobody. Aie !! Mauvais temps Cyril.!!

Menaçant :

« Tu vas pas me la faire. Tu me prends pour un con ! »

« Ah non alors. C’est vraiment pas de moi çà. Je t’assure. J’en ai tout au plus pour…. Pfffoua une heure au grand maximum »

« Tu y vas APRES, à ton rendez-vous »

« Je suis déjà en retard. Je te promets. Je reviens tout de suite après. T’as vu on a bien discuté. Je te trouve très intéressant. On aura plus de temps comme çà… »

Il s’est approché de moi. A plongé son regard dans le mien et à dit :

« Ok. Tu m’as l’air honnête »

Il m’a presque fait pitié quand il a ajouté.

« Tu es le premier qui s’intéresse à ce que je fais. »

Tout en ouvrant la porte, pour me laisser sortir il a ajouté :

« Promis ? Tu reviens ? »

De mon air le plus convainquant :

« Tu peux me faire confiance. A tout à l’heure Omar. »

Sourire aux lèvres :

« Non pas Omar…Marc. A tout à l’heure Cyril »

Arrivé au bas de l’immeuble, il m’interpella de son balcon avec toujours ce même sourire béat :

« A tout à l’heure Cyril ».

Je lui fis un furtif et rapide signe de la main. Je mis mon casque, enfourcha mon bolide et parti sur les chapeaux de roues pour ne plus jamais revenir.

Je connaissais bien cet immeuble pour y passer devant tous les jours afin de me rendre sur mon lieu de travail.

Quelques mois plus tard, je vis des camions de pompiers au bas de l’immeuble d’Omar et il me semblait que son appartement était la proie des flammes. Plus tard, je pus lire dans le journal, qu’un homme d’une trentaine d’année d’origine marocaine avait trouvé la mort dans l’incendie qui ravagea l’appartement qu’il occupait et dont l’origine restait à ce jour inconnue… Ironie du sort.

Parenthèse

Author: Cyril  |  Category: Non classé

L’article qui suit n’a rien avoir avec le léger « plusgayquebi ». Il n’est qu’une parenthèse avant de reprendre les aventures de J.M.

Pourquoi revenir aujourd’hui ?

Tout d’abord un grand merci à Virginie qui ne m’a jamais oublié.

Ce matin j’ouvre ma boîte mail et je vois un message de 14 141 qui m’envoit un petit post : « Ben c’est vrai alors la suite??? ». (Plus de deux ans sans revenir alimenter « plus gayquebi »). Mon réflexe est d’aller voir le blog de Daïdou. Je suis interpellé après avoir lu ses deux derniers posts, ainsi que les commentaires laissés par ses lecteurs. Ils me renvoient à ma propre et chaotique vie amoureuse. Je décide alors de laisser un commentaire et me ravise pour écrire cet article. Il explique en partie, les raisons pour lesquelles j’ai arrêté du jour au lendemain en mars 2010, de narrer les aventures de JM .

Dans les aventures de J.M, je n’ai rien ou peu dévoilé de ma vie sentimentale. A l’époque d’écrire « plusgayquebi », je partageais la vie de Pierre ; un beau quinqua, veuf, et divorcé deux fois que ses connaissances qualifient d’homme à femme. Deux grands enfants, et trois petits enfants. Ma rencontre avec Pierre s’est faite 4 ans auparavant. Il s’est découvert une attirance pour les hommes que quelques mois avant notre rencontre. Ce fut une de mes plus belle rencontre. On ne s’est plus quitté ou presque dès le premier jour de notre rencontre. Discret au début par rapport à sa famille, il me la présenta très vite. Je passais (mais personne à mon avis n’était dupe) pour un très bon ami qui l’avait sauvé du désarroi suite à son dernier divorce. J’étais convié à tous les événements et fêtes familiales… Je considère ses petits-enfants que j’ai connu très jeunes comme un peu les enfants que je n’ai jamais eu. Par contre il fera tout pour ne jamais rencontrer ma famille.

Nous avions gardé nos domiciles respectifs (détail qui a son importance) ; nous nous retrouvions chez lui car Pierre est richissime et ma maison bien que confortable ne rivalisait pas avec sa maison de type « californienne » de 450 m2 et ses autres maisons et appartements (St-Tropez, Lubéron, Floride…).

Il est important que vous sachiez qu’à partir du moment ou je suis bien avec quelqu’un j’accorde une confiance aveugle en l’autre. Je ne suis pas jaloux pour un sou. La jalousie est pour moi un sentiment qui est le reflet de ce qu’on est capable de faire et qu’on suppose que l’autre fait ; en partant de ce constat le jaloux se dit si je peux tromper mon partenaire, lui aussi peut me tromper ou pire me trompe.Et pierre était de nature plutôt jalouse. Je trouvais çà plutôt amusant… Un soir de mars 2010 où j’étais chez Pierre, celui-ci me demande de consulter ses mails pour rechercher un message qui nous était destiné. (nous avions les codes secrets pour accéder à nos boîtes mails respectives mais je n’ai jamais regarder les mails de Pierre sans sa présence. En parcourant, sa boîte j’ouvre par hasard un mail dont le prénom Nina en en-tête revenait très souvent… A la lecture j’en suis resté comme pétrifié. Cette Nina parlait dans les grandes lignes de leur couple bien qu’il venait de se rencontrer mais c’était pour elle une évidence, qu’elle n’avait jamais éprouvait « çà » auparavant… Qu’elle était très amoureuse… Qu’ils étaient sur la même longueur d’ondes et qu’elle lui demandait de partir en amoureux le week-end qui arrivait… En réponse Pierre, modérait les propos de Nina et en ultime réponse lui disait que pour des raisons qui lui étaient personnelles il désirait stopper leur relation…

Puis, je revins à la page des mails et je vis d’autres prénoms féminins…

J’ai refermé le boîte mail et j’ai eu le tord de ne rien dire à Pierre. J’étais mal. Déboussolé au point que Pierre me demanda ce que j’avais. Je prétextai être patraque… Les jours on suivi et me suis dit que Pierre était bisexuel  et qu’il avait des besoins sexuels avec la gent féminine. Des besoins  que je ne pouvais évidemment pas comblés puisque je n’ai pas les atouts d’une femme. Après tout si ce n’était que des rapports sexuels protégés… Mais bon, en ce qui me concerne je ne l’ai jamais trompé. Bien que j’ai eu maintes occasions de le faire. Bref, nous sommes partis en vacance et au retour je surpris la fin d’une conversation entre Pierre et une supposée interlocutrice. D’une voix langoureuse il disait :

“Je t’embrasse… » Silence… « Moi aussi ». Pierre raccroche et me voit. Il était très embarrassé et le visage rouge cramoisi. Je ne fis comme si je n’avais rien entendu.

Quelques jours passe encore. Pierre fait un malaise cardiaque sans gravité en semaine. Le week-end arrive et je reste chez moi pour accueillir ma famille. Je l’appelle le dimanche en fin d’après-midi pour avoir  de ses nouvelles. Il va bien et prétexte que son frère passe dîner chez lui. Il me demande de l’appeler le lendemain matin pour le réveiller… Le lundi matin j’essaie en vain de l’appeler à plusieurs reprises… Sans réponse. Inquiet je laisse mon boulot et me dirige à tombeau ouvert chez lui craignant qu’il ait fait une autre malaise cardiaque. Sur le chemin j’appelle son fils pour lui faire part de mon inquiétude. Celui-ci croit me rassurer et me dit que je n’avais rien à craindre car il avait eu son père au téléphone et qu’il avait passé la soirée avec une certaine Corinne… Je raccroche et me suis arrêté sur le bas côté de la route, glacé, comme vidé de mon sang… Je repris mes esprits et je déboulais chez lui ; j’étais empli d’un mélange confus de colère, d’un sentiment de trahison et de déception. Je le trouvais seul sous la douche et quand il me vit, il devint blanc comme un linge et avant que je ne dise quoique que se soit, se confond en un  mélange d’explications et d’excuses… Cinglant, je lui dit de se sécher et de me rejoindre en cuisine… Je lui ai simplement demandé depuis combien de temps çà durait ? Si c’était la première ? Sans se démonter il me répondit que c’était la première fois, que ce n’était pas sérieux… Sur ce je lui déballais ma découverte des mails… Pris en plein flag il m’avoua qu’effectivement il y en a eu beaucoup d’autres mais qu’il ne me trompait pas puisque les relations n’était qu’avec des femmes… Je me suis levé et suis parti avant de lui dire que je le rappellerai dans la journée… Je me suis précipité chez mon médecin, pour demander de me prescrire un test VIH, syphillis et hépatite. Comme pour me laver de cette fin d’histoire  boueuse. En exposant les raisons de ma demande j’en profitais pour faire mon coming-out. Je revis Pierre le soir. Il m’avoua éprouver un besoin incontrôlable de rencontrer des femmes et ce plus le temps passait et plus le besoin était grandissant… Il eut la franchise de m’avouer ne pas toujours prendre des précautions lors de l’acte sexuel… J’étais dégoûté et le trouvais CRIMINEL.

Dans l’histoire la seule bonne nouvelle était que les résultats de ma prise de sang étaient  négatifs.

Je passe sur le reste de mon histoire avec Pierre qui est aujourd’hui devenu un ami proche. Qu’il continu de fréquenter Corinne les week-ends, les vacances, et comme je les appelle les soirées de « gala ». Comme il dit : « Elle me sert d’alibi… ». Ce qui ne l’empêche d’avoir d’autres relations « extra » Corinne… Et en vrac : qu’il est bien conscient de sa dépendance ; que je reste la plus belle de toutes ses relations ; qu’il aimerait qu’un jour nous redevenions comme il dit un tout : ami, amant, comme un frère… Ce à quoi je lui réponds par la négative. Je lui demande s’il est heureux dans sa vie ? Il me répond que ce mot ne fait plus parti de son vocabulaire. Je lui conseille d’aller consulter un psy comme je l’ai fait, et que peut-être çà l’aiderait comme çà ma aider à trouver des réponses à mon état dans je lequel je m’étais retrouvé après tous ces tumultes sentimentaux. Il est sous un certain angle addict au sexe, aux rencontres, à la séduction. Pour multiples raisons. Cà le rassure de pouvoir encore plaire ; d’un point de vue social comme il a une profession très « en vue », çà l’arrange d’avoir une réputation de Casanova. Et prendre des risques en ne prenant pas toujours de précautions ? Jouer à la roulette russes avec sa vie…  Mais faire prendre des risques à ses partenaires « officiels » ? Là je ne m’explique pas. C’est pour cette raison que j’ai rompu toutes relations sexuelles et amoureuse avec lui. J’ai mis du temps à me remettre de cette histoire. Malgré tout ce qui c’est passé il reste et restera une des personnes les plus importantes qui a traversé ma vie.

Et puis comme les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules, j’apprenais cette année là que mon père développait  la maladie d’Alzheimer et que  ma mère était atteinte d’un cancer de l’estomac…

Toutes ces raisons m’ont empêché d’écrire quelques lignes pour alimenter « plusgayquebi ». J’ai souvent essayé mais je n’en avais ni le coeur ni l’envie. Les quelques rares fois où j’ai tenté de le faire le résultat était triste et insipide.

Cette histoire m’a bien abîmée comme  un vulgaire morceau de tôle froissée. Je vais beaucoup mieux aujourd’hui au point de reprendre  les aventures de J.M que je fréquente toujours, mais avec beaucoup moins de régularité. Il faut dire que le bougre s’est assagi et mon filon d’anecdotes s’est un peu tari…

A très vite.