La cata.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

« Bonjour, je vous prie de m’excuser si je vous appelle si tôt, je suis inquiète Jean-Marcel n’est pas rentré ».

LA TUILE !…. C’est ce que je me souviens avoir pensé quand Mariette s’est présentée. Puis ce fût comme un trou noir…Une fois le téléphone raccroché, la conversation que je venais d’avoir m’est revenue à l’esprit. Une sensation bizarre ; comme si un dédoublement c’était opéré.

Je n’ai jamais su mentir… A chaque fois que je l’ai fait, j’ai toujours été percé à jour, du moins c’est ce qu’il me semblait…. Donc, je préfère dire la vérité même si elle est parfois douloureuse. Mais LA, je ne m’explique pas ; parfois on réagit curieusement dans des situations d’urgence ; est-ce mon inconscient qui avait pris le dessus…??? Toujours est-il que :

- »Oui, bonjour Mariette, vous ne me dérangez pas. Ne vous inquiétez pas. JM est bien là. On est rentré à trois heures du matin ; et vu l’heure je lui ai proposé de dormir sur le canapé… Tout va bien, rassurez-vous. »

« Vous pouvez me le passer s’il vous plaît, son portable ne répond pas ? »

- »Il est sous la douche… Je lui dis de vous rappeler. A bientôt Mariette. »

Puis je suis comme retombé dans la réalité. Je me suis retrouvé assis, le coeur palpitant. Mon corps était pris de trémulations incontrôlables ; à la fois, dû à la crainte des conséquences de ma complicité mensongère, et en même temps surpris d’avoir eu cet aplomb…

Le téléphone toujours dans les mains, je mis un très court laps de temps pour composer le numéro de JM : messagerie… J’ai du le recomposer une bonne dizaine de fois, sans laisser de message ; à chaque appel, j’agonisais JM d’injures. Une fois ma rage passée, je laissais ce message :

- »Rappelle moi de suite, Mariette a téléphoné ».

Je modissais JM  ; non content de m’avoir entraîné à mentir, il avait eu aussi l’incommensurable bêtise de laisser mon numéro à Mariette. MAIS QUEL… CON !!!

Dans la seconde, mon téléphone se mit à sonner :

« Cyril, c’est JM… »

JM n’a pas eu le temps de poursuivre :

- »Tu FAIS chier. Mariette a téléphoné il y a….. dix minutes. Je lui ai dit que tu étais ici… Mais bordel où es tu ? »

Penaud :

« Excuses-moi… Je suis chez Daniel… On s’est endormi »

- »Ecoute mon grand, démerde toi comme tu veux, mais appelle-la tout de suite. Tu lui dis que tu sors de chez moi, et que tu prends la route OK ? ».

« Ok, je l’appelle tout de suite ».

Très sec :

- »SALUT. »

C’est l’unique fois où je parlerais sur ce ton à JM ;  je lui tiendrais un moment rigueur de m’avoir entraîné dans ce pathétique vaudeville.

Il me rappela le lendemain, mais je ne répondrai pas. Il laissa un message presque en larmes, dans lequel il se confondait en excuses ; il me disait ne plus savoir où il en était ; qu’il regrettait de m’avoir mis dans l’embarras ; qu’il m’en demandait beaucoup ces derniers temps… Qu’il ne savait pas vers qui se tourner ; qu’il avait besoin de mon écoute… Et qu’il FALLAIT que je le rappelle…

Je l’ai rappelé évidemment. Je ne pouvais le laisser dans cette détresse. Je crois qu’il aurait fait de même si j’avais traversé de tels moments…

Je lui ai proposé de le retrouver à son cabinet.

Cette période, ne fût pas la plus réjouissante pour tous les deux. Mais je découvrais un autre JM. Ce grand bonhomme m’apparut : sensible, sincère et fragile.

C’est à partir de ce moment que notre amitié s’est véritablement et solidement ancrée.

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