Rencontre avec Mariette.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

7H30 samedi coup de fil :

- »Allo ? »

« Oui, c’est JM. J’espère que je ne te réveille pas ? »

Un rien inquiet :

- »Non… Qu’est-ce qui t’arrive… ? Rien de grave…?

J’étais quand même sur le cul : un samedi ? JM n’est jamais joignable les week-ends. Si vous l’appelez, vous tombez systématiquement sur sa messagerie vocale.. Je me suis tout de suite dit : çà y est il a fait une connerie, il quitte Mariette.

« Oui et non, ne t’ inquiète pas ; j’aurai besoin de ton aide pour déménager Carine… Tu es disponible ? »

- »Déménager ta fille ???? Heu… Oui… Tu me prends au dépourvu ; il faut juste que je prévienne Sophie, je devais la rejoindre sur Hyères pour passer 2 jours à Porquerolles… Elle va faire la gueule… »

Désemparé : « Ah ? Mince… Je vais essayer de me débrouiller autrement. »

- »Non ! Attends, tu n’as personne d’autre à qui demander ? »

 » Non ! Tu es le seul qui ai répondu au téléphone. C’est une urgence, je t’expliquerai… ».

De bonne grâce, contrainte :

- »Ok c’est bon. Je viens te prêter main forte ».

Soulagé :

« MERCI ! Je te revaudrai çà… Résidence Bella Vista, Allée des Cyprès dans le 9ème. On t’attendra devant »

- »Qui çà ? ON »

« Carine, un de ses copains, Mariette et moi »

- »Mariette ? Mais comment tu lui as dit qu’on se connaissait ?

« Je lui ai dit, que tu étais un client venu pour un projet de construction de villa… Et de là, on avait sympathisé…. »

- »Oh punaise !… Et…. Je suis quoi ? Divorcé ? Célibataire ?… « 

Embarrassé :

« Je lui ai dit que tu avais une relation avec une femme…Sophie ? »

Il n’a menti qu’à moitié ; car JE N’AI PAS…, mais plus précisément J’AI EU une relation de 5 ans avec Sophie que j’avais quitté pour un homme… Le temps avait passé depuis notre rupture et elle était devenue ma meilleure amie.

Mais comment expliquer à Mariette que Sophie et moi ne partagions pas le même toit et de surcroît que nous habitions à 60 kilomètres l’un de l’autre ??? J’avais moins d’une heure pour trouver un semblant d’explication qui tienne la route.

- »Ok ! On va faire avec… Bon ! A tout à l’heure ».

« Encore merci. On t’attend ».

Cà sentait l’embrouille. Mais je n’avais pas le temps de me poser plus de questions. Je verrai bien : haut les coeurs Monsieur Baden-Powell…

Je mis à peine 35 minutes pour rejoindre le lieu de notre rendez-vous. Ce fût facile pour les trouver, un petit camion de déménagement se trouvait devant le portail de la résidence.

Avec tout de même une certaine appréhension, j’allais connaître la femme de JM…

C’est Carine que je vis en premier qui fumait comme un dragon avec un copain.

- »Bonjour Carine. »

« Oh ! Bonjour Cyril ».

Elle m’apparut beaucoup moins stricte et noire qu’à notre première rencontre. Elle avait physiquement l’apparence et l’allure d’une fille de son âge, mais au cours de cette matinée elle se montrera comme je l’avais présentie : immature et écervelée. J’eus le temps de remarquer au passage, des traces bleuâtres autour de son cou, ainsi qu’une légère tuméfaction au niveau de la pommette droite.

Une simple poignée de main, pour le copain qui était venu prêter main forte.

- »Où sont tes parents ? ».

« Ils sont dans l’appart… Ah ! Mais les voilà qui arrivent »

Je vis Mariette en premier. Un petit bout de femme, plutôt gironde, un visage aux traits réguliers, des cheveux châtains très clairs, une démarche rapide et décidée qui tranchait avec celle du grand JM, plutôt nonchalante.

Elle vint à ma rencontre me remercier pour ma sollicitude.

Arrivé à moi, tout en prenant ma main entre les deux siennes elle dit :

D’un fort accent chantant marseillais :

« Je tiens à vous remercier du fond du coeur Cyril. Vous ne pouvez pas savoir quel soulagement j’ai eu quand JM m’a dit que nous serions un de plus pour le déménagement ».

Grand seigneur :

- »Mais ce n’est rien… »

« Ah non ! Quand même… Jean-Marcel m’a expliqué brièvement que vous deviez partir en week-end ? »

Impérial :

- »Oui, mais ce n’est pas grave. Ne vous faites pas de souci ».

« Je suis vraiment désolé… Je ne sais pas si Jean-Marcel a eu le temps de vous expliquer mais mon frère devait venir nous aider ; seulement ma tante est tombée dans la nuit et s’est fracturée le col du fémur ; il est à l’hôpital avec elle pour la veiller… Bon ! Sur ce… On monte prendre un petit café pour nous mettre en jambe ? »

- »Bien volontier. »

« Je prends le thermos dans le camion et on y va ».

Je trouvai Mariette joviale, enjouée, très sympathique, et d’une nature organisée. Pendant ce temps JM, était venu me faire la bise.

« MERCI Cyril, vraiment ! »

« De rien, aller… Mais au fait, que s’est-il passé ? Pourquoi ce déménagement précipité ? ».

« Ah c’est vrai, je n’ai pas eu le temps de t’en parler ».

Il est vrai que JM avait autre chose en tête. Et quand je dis autre chose je pèse mes mots : la chochose Daniel…

« Montons et je t’explique tout çà là haut. Carine tu viens ? »

La pintade était en train de rire comme une bêtasse.

Toujours aussi distinguée :

« Ouais ! J’ARRIVE… »

Pendant que nous montions, j’imaginais une Mariette suspicieuse ;  je redoutais ce moment où elle poserait des questions fatidiques du genre :

« Et… Vous êtes donc un client de Jean-Marcel ? » ou « Et… Vous êtes marié ? »ou encore   »Ah bon ? Et…Vous ne vivez pas ensemble avec votre compagne…???? ».

Je savais comment, et surtout où, Mariette avait connu JM. Je me disais qu’à ses yeux, il ne devait pas faire de doute que ma rencontre avec JM n’était pas tout à fait celle racontée par son cher et tendre.

Comment allai-je m’en sortir…

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