« Il m’a c… dessus ».

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Je téléphone à JM.

Une fois les échanges, des salutations et politesses d’usage dites, je propose à JM un nouveau lieu pour nous restaurer :

« LES DAMES DE L’ASTRE GOULU » (tous les endroits et marques cités existent ou ont existés. Comme vous avez pu le remarquer je les paraphrase…).

« Ah…!  C’est où ? ».

(Je pense : mais réfrène ta joie mon JM, quel entrain…)

« Cours Julien ».

« Cà craint pas un peu là-bas ? ».

« Absolument pas ! La place a été rénovée c’est même plutôt sympa. Il y a pas pas mal de resto. avec de belles terrasses »

C’est vrai que mon JM n’a pas tout a fait tord. Par le passé c’était même un endroit plutôt mal famé. Mais le lieu a été réhabilité par la volonté de la mairie. Des boutiques et restaurants se sont installés. Un parc d’enfants a été ouverts, les fontaines remise en eaux, les sol repavés. Et l’endroit est interdit aux voitures.

« Bon ok, rendez-vous là-bas 12h15″.

Une fois retrouvés nous nous installons en terrasse. Il fait beau, nous sommes mi-avril. L’endroit est vraiment très agréable.

« Alors mon JM, comment tu trouves ? »

« Ah oui. C’est bien. Pas mal de monde en plus. J’ai repéré deux ou trois loulous. Franchement bon choix »

« Ah ! Tu vois…. Alors quoi de neuf ? »

« Rien de spécial. La routine. »

« Des rencontres sympa ? »

« Mmmmmhhh »

« Cà veut dire quoi çà. » Ma curiosité était piquée à vif.

« Raconte !…  Aller ! »

« Je sais pas. C’est glauque ce qui m’est arrivé ! ».

« Je te jure, çà ne sortira pas du département »

« Bon… Avant-hier, comme il n’y avait rien de bien fameux au sauna, j’en suis parti vers 18 heures et avant de rentrer je me suis arrêté sur l’aire d’autoroute… »

« Aller, tu dragues sur les aires d’autoroute ? Mais tu n’as pas peur de te faire repérer par quelqu’un de ton entourage ? »

« En principe, j’évite. Mais j’avais trop envie. Et puis même, si quelqu’un que je connais m’y vois je pourrai toujours dire que j’y étais pour pisser ».

« Cà craint quand même… ! Et alors ? »

« Je me gare, il y avait quelques voitures et un semi-remorque.

Je vais aux chiottes. Il y avait deux mecs. Un de dos qui se lavait les mains : pas mal, bien foutu. L’autre un vieux, qui tournait.

Je vais pisser. Je ressors pour aller vers ma voiture, quand j’aperçois le beau mec. Il était devant la portière de son bahut, et me souriait.

Mmmmmm un routier. Ni une, ni deux je me dirige vers son camion. Pendant ce temps, il grimpe dans la cabine et laisse la porte ouverte.

Je monte à mon tour.

Il était allongé sur sa couchette.

Je lui dis salut et me il répond avec un fort accent allemand : salutéééé.

On commence à faire, nos petites affaires. On se retrouve vite à poil. A un moment donné il se retrouve sur moi accroupi et me pose une question en allemand. Je croyais qu’il me demandait s’il voulait que je le prenne. Alors je lui ai répondu ravi : Ya ! Ya ! Et là… LE cauchemar. »

« Qu’est-ce qui c’est passé ??????? ».

Je m’attendais à tout…

J’imaginais déjà que le camion avançait tout seul, ou qu’il y avait une descente de police, ou pire encore que la femme de JM en furie, était en train de défoncer la portière du 38 tonnes…

JM poursuivit :

« Eh bien… Rien que d’y penser j’ai envie de gerber… Cà me dégoûte…! »

« Mais quoi ?…. ALORS ? »

« J’ai toujours l’impression d’avoir sur moi cette odeurrrr… (avec un haut-le-coeur). Enfin tu vois!… »

« Excuses-moi. Je suis nul mais je ne vois toujours pas »

JM inaudible :

« Il m’a c…….. sus »

Criant presque : « Quoi ? »

JM irrité que je ne le comprenne pas à demi mots, me dit à voix basse les dents serrées :

« IL M’A……. CHIE DESSUS… »

D’un coup je me suis reculé dans le fond de ma chaise, tout en portant la main à la bouche.

Je suis resté quelques secondes stupéfié par l’horreur de la situation. Je regardais JM tournant la tête de droite à gauche, et de gauche à droite.

JM : « Oui je sais c’est dégueulasse, eurk… »

Puis, je fus pris d’un faux rire inextinguible. Je pris la serviette de table et enfouis mon visage dedans. J’étais en larmes. J’étais secoué de soubresauts. Mes abdominaux me faisaient horriblement mals, brûlés par la douleur.

La patronne amena notre commande et demanda inquiète si tout allait bien.

JM pincé lui répondit :

« Ne vous inquiétez pas. Tout va bien »

Tant qu’à moi, toujours le visage dans la serviette je balançais la tête de bas en haut pour la rassurer

J’essayais en vain de m’excuser auprès de JM… Mais j’étais à chaque fois repris par le fou rire.

Après quelques minutes, je me confondis en excuses.

Pour me dédouaner de mon comportement, j’invitais JM d’office.

Toujours pris de rires nerveux, je demandai à JM de finir tout de même son histoire.

JM de bonne grâce poursuivit :

« J’ai remis mon slip, mon pantalon, mes chaussures, pris ma chemise et ma veste du bout des doigts en évitant de les souiller, et je suis parti en courant me rincer au lavabo des toilettes.

Comme j’étais mal !…

Des gars étaient là.

Je sentais leur regard dans mon dos pendant que j’essayais de me rincer à l’aide de Kleenex mouillés…. L’HORRRREUR ! Tu peux pas savoir Cyril, c’est horrible !

NON !!!!…

Je ne PEUX.

Surtout : je ne VEUX PAS SAVOIR, conjuger ces verbes à tous les temps du futur pour ne pas revivre une telle situation.

JM continua :

« En ressortant des chiottes, ce connard était devant ma voiture en bredouillant des « Ezcousez moi ». J’ai failli lui foutre mon poing dans la gueule »

Je ne te dis pas comme j’étais mal quand je suis rentré à la maison.

Heureusement, que Mariette n’était pas là quand je suis arrivé.

J’ai du passé une demi-heure sous la douche. Depuis, j’ai toujours l’impression de porter cette odeuurrrrr…. »

Quand on sait que JM se sent « nu sans parfum »…. Là il est habillé pour trois saisons….

JM n’avait presque pas ou peu touché à son repas.

Moi également mais pas pour les mêmes raisons…

Une fois la note réglée, nous sommes partis déambuler devant les boutiques alentour. J’ai essayé de faire oublier à JM ce fâcheux épisode, dont nous ne reparlerons jamais…

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