Notre premier déjeuner…

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Je ne sais plus qui a téléphoné le premier, toujours est-il que nous avions convenu de nous retrouver sur la place du Général de Gaulle, à la sortie du parking souterrain, près du caroussel.

Ah ! Comme on en ai au parking soutterrain ; une apparté ; côté voiture, à l’époque c’était :

Golf III, (une noire puis…une noire).

Puis Golf IV (une noire, une noire et une …..noire).

Puis Audi ( je lui en ai compté quatre. Noires ? Non ! Pas du tout. Pour la dernière : une frivolité : gris anthracite….).

Enfin Monsieur est passé à BMW :

Z1 l’année passée, mais elle n’a fait que 5 mois : trop cheap, trop petite, trop,trop ,trop… de défauts pour mon JM. Alors il a pris une série 3, qu’il vient de changer contre une série 3… mais coupée. Toutes 3 noires… Toutes 3 à croum, et toutes en version diesel.

12 h 15, JM était déjà là. Pontuel.

Coupe en brosse (invariablement), il était habillé  d’un jean, d’un t-shirt blanc (déjà très près du corps), sous une chemise Timbarlend ouverte, chaussé également de Timbarland, et à la main un cartable marron griffé de la même maison.

Très mec… Peut-être trop d’ailleurs ; stylé bûcheron, avec une touche intello : the bag touch). Cà serait aujourd’hui je dirai en voyant le JM de l’époque, d’un Mmmmm intero-affirmatif : « Il en est ».

D’une voix grave et posée, avec un fort accent marseillais :

« Salut Cyrille » tout en me faisant la bise, ppppppp, pppppppp (je n’en avais pas trop l’habitude mais dans le sud çà bisoucaille à toute occasion).

« Salut JM….Tu attends depuis longtemps ? »

« Non, je suis là depuis 5 mn. Je me fais un point d’honneur à toujours arriver en avance pour un rendez-vous ». (J’aurai du l’enregistrer ; car comme vous avez pu le lire auparavant, la ponctualité ne fera plus parti de son vocabulaire).

« Où va t-on déjeuner ? »

« Je connais une brasserie rue Avso »

Arrivé là, je ne connaissais pas encore l’oiseau mais en y repensant, le belâtre, s’était placé stratégiquement face à l’entrée du restaurant. (non JM n’avait encore décrété qu’il fallait manger en terrasse et en toute saison).

Nous échangeons quelques banalités, avant de nous « raconter ».

Une fois la commande prise par le serveur, j’attaque par la question que je posais systématiquement à toutes mes rencontres masculines.

« Tu pratiques les mecs depuis quand ? » J’ai baissé la voix au moins de deux tons pour ne pas me faire entendre de nos voisins de table.

« Ah !?… Depuis pas mal de temps déjà. » JM aussi. Enfin pas exactement : 3 tons au dessous.

« Avant ton mariage ? »

« Oui, mais juste une ou deux furtives aventures d’adolescent… Du touche-pipi (expression consacrée par JM). En fait la première réelle aventure c’est à l’époque où Nicole, était enceinte de Mortisia (leur fille que j’ai rebaptisé ainsi, car il vous suffit d’imaginer une sorte de croisement entre une pseudo gothique anorexique pour la carosserie et un pitbull arriviste pour le disque dur : et la mémoire vive ? Cherchez pas y’en a pas !!!).

Une histoire qui a beaucoup comptée pour moi. Il s’appelait Luc. Je l’avais rencontré dans le cadre de mon travail. J’ai failli tout foutre en l’air pour lui. Quand j’y pense… Pour le rejoindre la nuit, j’attendais que Mariette enceinte de 9 mois s’endorme, et je passais par la fenêtre de notre chambre. Jusqu’au jour où je me suis fait pincer par Mariette. »

« AH BON ? Mais ta femme savais pour toi ?

« Oui et non »

« Cà veut dire quoi çà ? »

« Cà veut dire qu’elle m’a pêché dans une boîte… »

« Pffffffffffffffff »

JM me fusilla du regard : « Pourquoi tu rigoles ? »

« Excuse-moi. Mais tu as dit « Elle m’a pêché en boîte… » J’ai pensé tout de suite à thon, sardine… C’est bête c’est vrai. Excuse moi encore » Je me suis senti mais……..tellement…..con »

« Mouais… » Puis silence…..

Après quelques longues secondes, je tente de rattraper le coup et dit d’un ton plein d’intérêt : « Cette discothèque existe toujours ? »

JM se ranime et sans rancune :

« Oui. Le « Tyson » près d’Avignon »… (J’esquisse un sourire. Avec ce nom, je visualise des braises et imagine un endroit aux portes de l’enfer, antre de la débauche et la luxure… Mais je me reprends tout de suite. Un incident suffira pour aujourd’hui).

« Et ??… Vous vous y êtes rencontrés ? »…

« Oui, j’étais avec un copain, elle avec des copines »

Je le coupe et lui dit : « Mais ta femme est lesbienne ? »

« Mais non !!! Pas du tout ! C’était le seul club de toute la région ouvert le lundi soir. On y croisait homos et hétéros… A l’époque je me cherchai et à a part les deux touches pipi je n’avais pas eu de relations sexuelles abouties. Mariette avait pris l’initiative de m’aborder et de m’offrir un verre. Neuf mois plus tard nous étions marié. J’avais 21 ans, elle 24. Puis Mortisia est né 2 ans après notre mariage. »

« Et Luc alors ? »

« Quand Mariette m’a pincé à 3 heures du matin au retour de mon escapade. Elle ne m’a rien dit ; juste regardée. Mais je crois qu’elle avait compris. Nous n’en avons jamais reparlé. Mortisia est née le lendemain soir. Le jour suivant j’ai revu Luc pour la dernière fois… »

« Ahhhhh ! Et après ? »

« J’ai réfreinné mes pulsions pendant 3 ou 4 ans et puis j’ai recommencé à draguer »

J’avais plein de questions à lui poser mais nous n’étions pas suffisamment intime pour le faire.

« Et toi me demanda t-il ».

« Ah ! Moi ? »

J’ai baclé mon « cursus » en 2 bla bla. Nous en étions à la note et décidions de régler les additions chacun à tour de rôle au grès de nos déjeuners.

One Response to “Notre premier déjeuner…”

  1. axel dupond Says:

    Bonjour à tous, ca fait pas mal de temps que je regarde ton article.

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