Présentation…

Author: Cyril  |  Category: Non classé

15 juin 2012 : nouvel article : « Le silence des agneaux »

Enfin, comme le beaujolais primeur, le nouveau blog est arrivé…

Ce blog se lira comme un livre.

Les messages les plus récents se trouvent en dernière page.

Afin de savoir si un nouvel article est édité,  une liste sera ci- après proposée dans laquelle vous retrouverez tous les articles titrés avec en plus un numéro attribué pour chacun d’eux.

Vous n’avez plus qu’à cliquer sur les titres des articles pour être directement dirigé vers eux.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires…

Bonne lecture.

1 . Si jamais…

2 . La rencontre.

3 . Premier déjeuner.

4 . Dina la lookée.

5 . Dina la toquée.

6 . « Il m’a c… dessus ».

7 . Le radar de JM.

8 . Carine.

9 . « L’exquis » Daniel.

10 . Rencontre avec Mariette.

11 . Le déménagement de Carine.

12 . Le mensonge.

13 . La cata.

14 . Le tournant.

15 . Le silence des agneaux.




Si jamais…

Author: admin  |  Category: Non classé

Si jamais Jean-Marcel tombait sur ce blog, je vivrai un grand moment de solitude.

Jean-Marcel compte parmi mes meilleurs amis, (vous verrez par la suite que qui aime bien châtie bien ; et je l’aime bien mon JM ).

Je le connais depuis 8 ans. Nous déjeûnons une fois par semaine ensemble : on ne rate jamais ce rendez-vous ; comme la messe pour les pratiquants.

C’est un bel homme sur le retour, proche de la cinquantaine, grand ,bien fait, gueule carré, typé méditérranéen. Marié un enfant. Ne s’habille qu’exclusivement griffé, une marotte pour les lunettes Oklay. Je ne crois pas l’avoir vu porter deux fois les mêmes vêtements.

Toujours trés bien coiffé, trés soigné. C’est simple à côté de lui j’ai l’air d’un broc grincheux. Il est serviable, agréable, tout en retenu, hyper -contrôle de peur de trahir un de ses penchants pour le sexe fort. Il se dit bisexuel ; mais n’a que des rapports avec le genre masculin.

Sa femme ? Une tendre complicité, le pilier de sa vie sans qui il n’est rien ; il est le premier et unique amour de sa vie ainsi que le père de leur enfant

Il est drôle malgré lui, dans ce qu’il dit, dans ses certitudes et convictions. Je ris souvent intérieurement en sa présence ou bien aprés coup quand je me retrouve seul à penser à notre déjeûner.

Mais voilà quelques mois que Jean-Marcel m’intrigue . A y bien réfléchir c’est depuis qu’il s’approche du 5 suivi du 0.

Je vais vous narrer nos deux dernières sorties déjeuner et vous me direz ce que vous en pensez.

Quand J.M me fixe une heure de rendez-vous, je suis à coup sûr de son retard ; une véritable star de plateau. Par contre si j’ai le malheur d’arriver ne serait-ce que 5 mn aprés l’heure du rendez-vous mon portable n’arrêtera plus de sonner… submergé de messages inquisiteurs.

Pour situer, J.M se restaure de tout temps en terrasse, bien en vu, et toujours face aux chalands. Nous nous installons comme d’habitude chez « DINA LA LOOKEE ». Je vous parlerai de Dina plus loin. Cà vaut son pesant d’ or. Dina est tellement déjantée qu’en la regardant simplement dans les yeux on peut y lire son traitement. Mais je vous la réserve au chaud ; un peu de patience !

Donc, J.M commence par me raconter ces dernières frasques.

Au sauna, où il se rend chaque lundi, il a levé successivement les quatre plus beaux du lieu. J.M est une bête de sexe insatiable. En rêve peut-être car les fois où je l’ai accompagné, je l’ai vu attendre en vain, ou partir avec des gens somme toute quelconque.

J.M s’interrompt quand un jeune serveur, que nous n’avions jamais vu auparavant vient prendre notre commande. Il nous récite les plats du jour ou nous propose la carte. J.M se recule dans sa chaise, se penche, une main se frottant le menton, l’autre sur la hanche, prend un air interrogateur et demande :

– « Qu’avez-vous en méloko ? »

Le serveur interloqué reste coi et quant à moi je m’esclaffe en pouffant de rire en demandant :

– « Quel est ce plat ? Africain peut-être ? ».

J.M affligé par ma remarque me rétorque d’un air supérieur :

– « Mais non ! Je parle de mets locaux en deux mots »… Et s’appesanti sur une explication qui n’en finit pas. Le serveur excédé met fin à cette rhétorique en disant

– « Deux menu alors? »…

– « Oui et une demi carafe de vin ».

Toujours sans surprise : rouge le vin. Nous avons nos habitudes, surtout J.M. Le serveur s’éloigne et un silence réprobateur suit Pas pour très longtemps car J.M me lance :

– « Dieu, s’en devient gênant ! »…

– « Quoi ? ». J.M prend un temps avant de me répondre à voix basse, avec un air conspirateur.

– « Le jeune homme à la table derrière me dévore du regard ».

J’attends quelques secondes, et fais un tour d’horizon en me retournant. Le jeune homme en question ne semble pas faire cas et semble absorbé par sa conversation avec ses voisins de table et surtout par son boudin purée. Le serveur amène les plats. JM prend un air emprunté et demande à ce dernier comme une évidence :

– « S’il vous plaît ? Pourriez-vous m’apporter de la fleur de sel de Camargue ? » le serveur reste perplexe et dubitatif . Il repart désemparé, dans l’entrelas des tables en formica et serviettes en papier. C’est alors que J.M dans un souffle me lance à brûle pourpoint :

– « Je n’arrête pas de me faire mater … et même par les femmes ». A ce moment précis, mes yeux pourrait trahir ma pensée : mais oui J.M tout le monde est à tes pieds. Tu es le plus beau !

Mais je réponds :

– « Ah bon ? »…. Je pense : oui, comme on regarde un kakatoës sorti de la forêt amazonnienne. Jusqu’au printemps dernier, J.M telle la veuve corse était toujours de noir vêtu. Depuis, le ramage de l’oiseau est des plus bigarré.

Nous mangeons, J.M parle de voiture, de sape, de sa fille, avant de me demander

– « Et toi ? »…
- « Je viens de tourner un petit rôle dans un film ».
J.M détourne le regard, fronce les sourcils, prends un air lointain avant de se remettre en lumière. Le serveur vient nous proposer dessert ou café.
- « Café pour moi »…
- « Moi également »…
- « Ah ! Comme café : arabica évidemment ? Non, parce que je trouve le robusta trop amer ».
Je n’en croit pas mes oreilles ; mais qu’est-ce qu’on lui a fait à mon J.M. D’où il revient ? Dites moi qui il fréquente ? J’hallucine…
- « Le garçon annonce nous avons du MALES AND GO ! »…
- « Parfait ! » Assure J.M d’une oeillade gourmande ! Une fois les talons du serveur tournés J.M me dit :
- « Pas mal ce petit serveur finalement ; tu as entendu l’allusion appuyé sur leur marque de café ? Je suis certain de lui avoir tapé dans l’œil »…
- « Je n’ai rien remarqué, mais si tu le dis… ». Moi qui ne voit jamais rien dans le domaine subtil d’échanges complices de regards, qui pour certains experts comme J.M en disent long. Je m’aperçois que le regard de J.M prend la couleur du chasseuret me dit :
- « Regardes moi ce qui passe ! Au pieu tu leur grattes l’oignon et çà grimpe au plafond ».
Là c’est l’estocade. Je ris du bout des lèvres, un rien offusqué d’entendre cette remarque de la bouche de J.M. Je règle l’addition ; c’est mon tour. J.M laisse un pourboire conséquent. Et nous partons car J.M doit passer prendre des dosettes de café chez Nazespresso.
Nous remontions une des rues piétonnes pour nous rendre chez Nazepresso, quand J.M m’entraîne chez Marionnette.
- « Mais J.M tu m’y as traîné le mois dernier pour acheter un flacon de Blues grand modèle… Ne me dis pas que tu n’en as plus ? ».
- « Chez moi le parfum çà ne tiens pas ! Si je n’en mets pas je me sens comme nu ».
Ooups ! C’est le bouquet ! Rebelote mon J.M recommence comme le mois dernier à me faire sentir tous les effluves qu’il connaît déjà que trop bien car :
- « Morphine je le portais quand j’étais jeune ! ».
Et vlan une bandelette imbibée qui me tombe sous le nez :
- « Sens ! ».
- « Mais je connais … ».
J.M est déjà plus loin où il vaporise Mec. J’approche, et il me tend déjà la bandelette.
- « Non, çà c’est plutôt pour l’hiver ! ».
Mon feu follet en pleine frénésie, se trouve déjà devant le présentoir de la marque Rapideau, en tire un flacon d’Oxygène pour…. Je le coupe net dans son élan.
- « Mon J.M tu es bien gentil, mais là stop ! Le parfum comme pousse café, non merci ! En plus après avoir senti deux parfums moi je n’arrive plus à rien sentir, alors la course au parfum frais de l’été… ».
Je me retiens d’ajouter qu’il y a un à peine un mois, je subissais le même parcours du combattant. Pas défait pour un sou mon J. M alpague le premier vendeur venu pour lui demander :
- « Bonjour, qu’avez-vous comme parfum d’été, s’il vous plait ? ».
- « Alors, nous avons Pimento y Palazzo, très frais, très léger, très… ».
Mon J.M l’arrête nette au milieu de sa tirade et dit :
- « Non je l’ai eu porté et sur moi il ne tient pas. ».
Quand J.M veut se donner un air supérieur il emploi toujours l’imparfait du subjonctif. Et blablablabla…
- « … Vous croyez ? Hum ! Pas trop capiteux pour l’été ?… ».
Ou encore pour tel autre :
- « Trop commun, trop porté ! ».
Aussi passionnant et capital comme conversation que : ma mémé fait du point crochet, et la mienne de la maillette. Ma tata du lapin en sauce, et la mienne des tripes à la mode de Caen… De connivence les poupées ! Après 25 minutes passées en délibération pour trouver le parfum le plus frais mon J.M opte pour :
THE WINNER IS … Roulement de tambour… Silence dans l’assistance… « Palam ! » Je vous le donne en mille : le parfum du mois précédent : Blues (ouin, ouin, ouin, ouinnnnnn) Disapointed je fus, voir anéanti ! J’en étais encore a repensé à ce que je venais de subir quand mon J.M me passe devant et me dit :
- « On y va ? ».
Déjà à la sortie du magasin, où il retenait la porte en scrutant en ma direction, sourire au coin des lèvres. Pas pour moi évidemment mais pour le petit vendeur.
- « Tu as vu la poupette ? Je ne dirai pas non … ».
- « Ouais bof ! Pas un peu coiffeuse ton millefeuilles ? … ».
- « Tu crois ? Oh, pour mon quatre heure…. J’irai refaire un tour dans les parages un de ces quatres… ».
- « Oui et bien sans moi ».
Je ne me suis pas parfumé pendant une semaine. Traumatisé. Oui, traumatisé ; je fus atteint de l’odoramarionnettephobie.
Nous, nous dirigions vers Nazepresso quand J.M m’annonce que pour le mariage auquel il est convié samedi en quinze il n’a pas trouvé la veste coordonnée au pantalon qu’il venait d’acheter la veille car le magasin n’avait plus sa taille. Nous avons cherché sur les devantures des magasins de vêtements la marque jeune et branchée : Mercure. Nous trouvons, entrons et sommes d’emblée assourdi par une musique technoïde au décibel trop haut où se masse une faune de jeunes gens stéréotypés à la mode du moment, en pleine frénésie d’achat du t-shirt, pantacourt, ou autre vêtement top mode. Je me sens décalé, trop vieux complètement à côté de la plaque tandis que J.M se déplace comme un poisson dans l’eau jusqu’à parvenir au portique où se trouve suspendue la veste convoitée. Il choisit évidemment un vendeur :
- « Vous avez ce modèle taille 48 ? ».
- « Bien sur Monsieur, je vous la décroche. Vous permettez ? ».
J.M enfile la veste et se tourne vers moi :
- « Qu’en penses tu ? ».
- « Pas mon style ! ».
Tu parles Charles ! Le tien non plus ! Un vieux beau ! Dans le dos de la veste est inscrit en mousse surpiquée « J’SUIS UNE STAR». Sur le devant, et sur les manches sont piqués des logos de couleurs flashis. Très jeune, très frais, aurait pu dire le vendeur. Comme la fait celui de chez Marionnettes d’ailleurs
- « Tournes toi ? Pas un peu trop juste ? ».
- « Si je peux me permettre une taille au-dessus peut-être ? ».
Dans l’œil de J.M je peux comprendre que la suggestion n’est pas la bienvenue mais de mauvaise grâce J.M accepte de passer la taille au dessus.
- « Pas mal non ? La couleur est sympa non ? ».
J’acquiesce de la tête. La couleur oui : une sorte de gris mastic mais les logos ? La forme ?
J.M passe la veste. Se tourne, se retourne. Ferme la veste, l’ouvre, la boutonne, les mains de les poches,… Voilà qu’il se prend pour un top modèle. Pivote le haut de son buste à 90°. Se mire dans une psyché. Se mire, s’admire. Pour conclure :
- « Pas un peu trop large ? ».
- « Passez donc un sous pull ? ». Propose gentiment le vendeur compatissant.
- « Ah non alors ! Vous ne me ferez pas passer un sous pull en cette saison ! ».
- « Mais Monsieur, il est en coton et fait pour l’été ! ».
- « N’insistez pas ! Je ne le passerai pas, un point c’est tout! ».
Ou là ! Mon J.M, mais qu’est-ce que tu me fais ? Tu essaies de t’affirmer ? Il me semblait que tu n’avais pas besoin d’agir style capricieux agacé pour le faire !
- « Finalement je vais prendre la taille 48″.
Trop cintré, trop juste mais bon ! C’est comme le pantalon en lin que J.M a acheté la semaine passée. Trop serré. Je lui ai pourtant dit :
- « J.M le tissu du pantalon te rentre dans la raie des fesses ».
- « Tu crois ? Je manque de fesses et çà les met en valeur. Quand tu n’as pas de fesses, il faut toujours prendre une taille de pantalon au dessous ».
Oui, style moule burnes.
- « En, plus çà met le muge en valeur et les mecs mates se genre de détail ».
- « Le muge ? ».
- « Tu ne connais pas ? ».
- « Non ? ».
- « Le poireau, la bite ? ».
- « Mais c’est quoi çà le muge ? ».
- « Un poisson de méditerranée ».
Je m’esclaffe de rire :
. – « Toi alors !… ».
J’y crois pas. Il a même pensé à çà ! Il faut dire que dame nature a été plutôt avantageuse de ce côté de la ceinture.
Pour revenir à l’achat de la veste, J.M la règle. Merde alors ! Me dis-je au vu du prix qui me parait exorbitant. Mais c’est à chaque fois l’effet quand J.M me traîne dans l’achat de ses emplettes.

Nous repartons pour nous diriger directement chez Nazepresso (la boutique des bobos qui se veulent élitistes : c’est cher, tu fais la queue pour être servi, et en plus je ne vois pas en quoi le procédé est des plus pratique. Cerise sur le gâteau je ne trouve pas leur mouture des plus exceptionnelles. Mais çà fait bien de dire je vais acheter mes dosettes de café chez Nazepresso. Quel coup de marketing génial tout de même ! Il y a foule !