La rencontre.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Mais avant d’aller plus loin, il faut tout de même que je vous raconte comment j’ai rencontré JM.

Oui, à l’époque j’étais un peu désoeuvré, seul, et nouvellement débarqué sur Marseille. Je pris donc la solution la plus :

. facile (il suffit de taper sur un clavier numérique),

. pratique (sans bouger de chez soi),

. rapide (enfin je croyais),

. et discrète pour faire des rencontres.

Mais aussi je l’appris à mes dépends (en recevant 1 mois plus tard), la PLUS onéreuse, la PLUS douloureuse, et la PLUS honteuse de toutes mes factures de téléphone,… Et tout çà pour satisfaire mes basses pulsions. J’ai parfois honte…

Donc je passe mon annonce, euh ! Plutôt mon pseudo  : simple mais très ouvert ; question stratégie ,afin d’avoir  un maximum de réponses et faire mon choix (doué pour un novice du réseau téléphone non ?).

DonC : « Mec 33 ans cherche mec ». Je valide.

Et question réponse je fus servis…. Un petit florilège de pseudos et leurs cohortes de réponses qui me viennent à l’esprit :

- « Mec marié, viril mais très femelle au lit »…. (voix posée et virile) : Bip :

. « Salut mec, moi marié 41 ans viril, bien foutu pour jeux de gode sans retenue… Toi où, comment ? Tu recois ? »

- « Sandra, aime les sous-vêtement de sa femme »..(voix d’homme efféminé, monocorde, et douce) : Bip :

. « Slt, marié, passif,  je te reçois en toute discrétion, je porte les sous-vêtements de ma femme… »

- « Karim, rebeu, beau mec à dispo »… (voix de jeune homme, sèche et directe…) :

. « 26 ans, mate de peau, 1m80, 74 kg, bien foutu, bien mont é 20*6 à dispo, je me déplace…) » A dipo en fait çà veut dire et je l’apprendrai beaucoup plus tard : à louer.

Bref ! Puis le pseudo :

- « Mec bi, 34 ans, bien monté, cherche mec »… Bip :

. « Salut ! Jean-Marcel, bi, 34 ans, 1m85 78 kg, belle gueule pour plan sympa et toi ? »…

Et moi de répondre : « Salut…. blablabla… Blablabla… ok chez moi dans une demie-heure. »

J’ouvre la porte et…. Ohhhhhh ! Le menteur me dis-je. 34 ans ? OHHHHH…..

JM   : « Salut ! »

Moi : « Salut ! Entre. Assieds-toi !

JM   : « Tu as l’air surppris ? « 

Moi : (d’une voix mal assurée et un rien déconcerté)  : « Non, non, pas du tout ! Pourquoi tu dis çà ?… »

Cà sentait le mensonge à plein naseau ; mais quel bécasson j’étais quand j’y repense. Un vrai niais. Je n’osais pas dire quand çà ne me convenait pas ; d’ailleurs je vous en raconterai des rencontres… Epiques…

Moi : « Tu bois quelque chose ? »

JM  :  » Non, merci ! Et si on passait directement à la chambre… »

Je n’ai pas osé dire non, bien que le « 34 ans » me soit resté en travers de la gorge. JM m’avouera  par la suite que toutes ces conquêtes, quand il leur annonçait ces 44 ans, n’en revenaient pas. Alors me dit-il autant dire d’emblée 34…

C’est une coquetterie très usitée sur le réseau. Mais certains peu raisonnables sur le nombre d’années occultées, deviennent de véritables escrocs. (40 annoncé font 60 à l’arrivée). Attention aussi aussi au : « Mec la quarantaine » Un conseil : zappez.

Bref ! J’ai du faire 4 ou 5 plans avec JM. C’était plutôt bien. Très soft. Mais allez savoir pourquoi, on a déjeuné une fois ensemble. Et on est devenu ami. On a continué nos déjeuners sans le sexe, remplacé par ses confidences. Il ne restera pas très longtemps au stade des chastes baisers et caresses que nous avions échangés…

Voilà comment j’ai rencontré JM. Pour moi ces pauses déjeuners sont une source intarissables de drôlerie intérieures. Je vous raconterez quelques uns de ces fameux déjeuners. Mais vous croiserez aussi Mariette, Daniel, Did,Gina, Alain et bien d’autres….

Notre premier déjeuner…

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Je ne sais plus qui a téléphoné le premier, toujours est-il que nous avions convenu de nous retrouver sur la place du Général de Gaulle, à la sortie du parking souterrain, près du caroussel.

Ah ! Comme on en ai au parking soutterrain ; une apparté ; côté voiture, à l’époque c’était :

Golf III, (une noire puis…une noire).

Puis Golf IV (une noire, une noire et une …..noire).

Puis Audi ( je lui en ai compté quatre. Noires ? Non ! Pas du tout. Pour la dernière : une frivolité : gris anthracite….).

Enfin Monsieur est passé à BMW :

Z1 l’année passée, mais elle n’a fait que 5 mois : trop cheap, trop petite, trop,trop ,trop… de défauts pour mon JM. Alors il a pris une série 3, qu’il vient de changer contre une série 3… mais coupée. Toutes 3 noires… Toutes 3 à croum, et toutes en version diesel.

12 h 15, JM était déjà là. Pontuel.

Coupe en brosse (invariablement), il était habillé  d’un jean, d’un t-shirt blanc (déjà très près du corps), sous une chemise Timbarlend ouverte, chaussé également de Timbarland, et à la main un cartable marron griffé de la même maison.

Très mec… Peut-être trop d’ailleurs ; stylé bûcheron, avec une touche intello : the bag touch). Cà serait aujourd’hui je dirai en voyant le JM de l’époque, d’un Mmmmm intero-affirmatif : « Il en est ».

D’une voix grave et posée, avec un fort accent marseillais :

« Salut Cyrille » tout en me faisant la bise, ppppppp, pppppppp (je n’en avais pas trop l’habitude mais dans le sud çà bisoucaille à toute occasion).

« Salut JM….Tu attends depuis longtemps ? »

« Non, je suis là depuis 5 mn. Je me fais un point d’honneur à toujours arriver en avance pour un rendez-vous ». (J’aurai du l’enregistrer ; car comme vous avez pu le lire auparavant, la ponctualité ne fera plus parti de son vocabulaire).

« Où va t-on déjeuner ? »

« Je connais une brasserie rue Avso »

Arrivé là, je ne connaissais pas encore l’oiseau mais en y repensant, le belâtre, s’était placé stratégiquement face à l’entrée du restaurant. (non JM n’avait encore décrété qu’il fallait manger en terrasse et en toute saison).

Nous échangeons quelques banalités, avant de nous « raconter ».

Une fois la commande prise par le serveur, j’attaque par la question que je posais systématiquement à toutes mes rencontres masculines.

« Tu pratiques les mecs depuis quand ? » J’ai baissé la voix au moins de deux tons pour ne pas me faire entendre de nos voisins de table.

« Ah !?… Depuis pas mal de temps déjà. » JM aussi. Enfin pas exactement : 3 tons au dessous.

« Avant ton mariage ? »

« Oui, mais juste une ou deux furtives aventures d’adolescent… Du touche-pipi (expression consacrée par JM). En fait la première réelle aventure c’est à l’époque où Nicole, était enceinte de Mortisia (leur fille que j’ai rebaptisé ainsi, car il vous suffit d’imaginer une sorte de croisement entre une pseudo gothique anorexique pour la carosserie et un pitbull arriviste pour le disque dur : et la mémoire vive ? Cherchez pas y’en a pas !!!).

Une histoire qui a beaucoup comptée pour moi. Il s’appelait Luc. Je l’avais rencontré dans le cadre de mon travail. J’ai failli tout foutre en l’air pour lui. Quand j’y pense… Pour le rejoindre la nuit, j’attendais que Mariette enceinte de 9 mois s’endorme, et je passais par la fenêtre de notre chambre. Jusqu’au jour où je me suis fait pincer par Mariette. »

« AH BON ? Mais ta femme savais pour toi ?

« Oui et non »

« Cà veut dire quoi çà ? »

« Cà veut dire qu’elle m’a pêché dans une boîte… »

« Pffffffffffffffff »

JM me fusilla du regard : « Pourquoi tu rigoles ? »

« Excuse-moi. Mais tu as dit « Elle m’a pêché en boîte… » J’ai pensé tout de suite à thon, sardine… C’est bête c’est vrai. Excuse moi encore » Je me suis senti mais……..tellement…..con »

« Mouais… » Puis silence…..

Après quelques longues secondes, je tente de rattraper le coup et dit d’un ton plein d’intérêt : « Cette discothèque existe toujours ? »

JM se ranime et sans rancune :

« Oui. Le « Tyson » près d’Avignon »… (J’esquisse un sourire. Avec ce nom, je visualise des braises et imagine un endroit aux portes de l’enfer, antre de la débauche et la luxure… Mais je me reprends tout de suite. Un incident suffira pour aujourd’hui).

« Et ??… Vous vous y êtes rencontrés ? »…

« Oui, j’étais avec un copain, elle avec des copines »

Je le coupe et lui dit : « Mais ta femme est lesbienne ? »

« Mais non !!! Pas du tout ! C’était le seul club de toute la région ouvert le lundi soir. On y croisait homos et hétéros… A l’époque je me cherchai et à a part les deux touches pipi je n’avais pas eu de relations sexuelles abouties. Mariette avait pris l’initiative de m’aborder et de m’offrir un verre. Neuf mois plus tard nous étions marié. J’avais 21 ans, elle 24. Puis Mortisia est né 2 ans après notre mariage. »

« Et Luc alors ? »

« Quand Mariette m’a pincé à 3 heures du matin au retour de mon escapade. Elle ne m’a rien dit ; juste regardée. Mais je crois qu’elle avait compris. Nous n’en avons jamais reparlé. Mortisia est née le lendemain soir. Le jour suivant j’ai revu Luc pour la dernière fois… »

« Ahhhhh ! Et après ? »

« J’ai réfreinné mes pulsions pendant 3 ou 4 ans et puis j’ai recommencé à draguer »

J’avais plein de questions à lui poser mais nous n’étions pas suffisamment intime pour le faire.

« Et toi me demanda t-il ».

« Ah ! Moi ? »

J’ai baclé mon « cursus » en 2 bla bla. Nous en étions à la note et décidions de régler les additions chacun à tour de rôle au grès de nos déjeuners.

Dina la lookée.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Ahhhhhhhhhh !!!!! Dina ! Dina ! Dina !

« DINA LA LOOKEE » est un restaurant de spécialités italiennes.

L’endroit se trouve au croisement de deux rues piétonnes dans le centre de Marseille. Un endroit stratégique pour le prédateur qu’est JM.

Derrière une terrasse de taille honorable, surplombent deux vitrines ; de parts et d’autres deux portes vitrées par lesquelles vous accédez en montant deux marches.

Le restaurant est en fait la réunion de deux salles d’une cinquantaine de mètres carrés chacune. Deux ouvertures ont été crées dans le mur porteur qui les séparait (certainement une coïncidence, mais tout marche par deux ou presque chez Dina).

Vous entrez dans un endroit lumineux aux murs couleur coquille d’oeuf ; accrochés aux murs quelques grands tableaux figuratifs de couleurs à dominante bleue ou rouge. Le plafond est très haut (Dina en profitera pour y construire quelques mois plus tard une mezzanine).

Au fond du restaurant, sont installés d’un côté un linéaire de vitrines réfrigérées pour la vente à emporter, et les desserts ; et de l’autre un comptoir avec en bout la caisse. Et derrière le mur les cuisines.

Dans la salle, des tables bistrots  très rapprochées les unes des autres.

Pour s’asseoir, des chaises à l’assise en plexiglas de différentes couleurs acidulées.

L’endroit est pour l’époque plutôt branché avec une clientèle hétérogène. Conditions réunies pour satisfaire JM.

Bref, nous entrons et une file d’attente composée d’une bonne dizaine de clients devant nous est formée. Nous bavardons de choses et d’autres quand je suis interloqué par une voix « féminine » de stentor :

« Chaud devant ! »

Médusé, je survole la salle afin de repérer cette amazone.

Mon regard se posa sur une grande fille énergique qui servait 3 assiettes ; mince, bien faite, plutôt athlétique, brune aux cheveux courts, habillée d’un jean, un gilet en coton beige à fines rayures blanches sur un chemisier écru à l’échancrure généreuse.

Lorsqu’elle se retourna pour se diriger d’un pas décidé en cuisine, je vis un visage souriant à la peau halée ; une bouche pulpeuse, des dents blanches et régulières ; un nez acquillin, des yeux et sourcils noirs.

Une belle italienne, sans artifice, à la petite quarantaine.

Quand se fut notre tour c’est Dina qui nous installa en terrasse à la demande expresse de JM.

Nous commanderons des lasagnes (délicieux). Accompagnés de 3 feuilles de salade que la bonne conscience de JM appréciera. J M et ses certitudes : « C’est bon pour la digestion ».

Pas de : « C’est pas bon pour le régime » pour le tiramisu qui finira le repas.

JM et ses régimes à base de substituts de repas : Slimrapido.

Capable de déjeuner d’un sachet de Slimrapido, et qui à l’heure du goûter ingurgitera un sachet XXXL de boules coco et d’une boîte des fameux oursons Hariba… Juste pour préciser la taille du conditionnement : JM se sert chez Metra (grossiste alimentaire).

Le café finit, Dina nous offrira un verre de Grappa (en observant les tables voisines, nous constatons que nous sommes les seuls à profiter de cette délicate et peut-être commerciale attention…???).

Pour régler chez Dina, il faut se diriger vers le comptoir où repose la caisse enregistreuse et le terminal des cartes-bleues.

Pendant que je composais mon code secret, Dina nous demanda si nous étions satisfaits. Nous répondîmes par un oui enthousiaste…. Et Dina à l’oeillade engageante et le sourire avenant nous dit :

« En espérant vous revoir très bientôt les garçons ».

Oui, nous y reviendrons régulièrement chez Dina au point que très vite, à chaque fin de repas, elle s’assiéra à nos côtés pour s’épancher sur les aléas de sa vie…

Dina la toquée.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Comme un rituel, avant de nous rejoindre elle passait derrière le comptoir prendre son paquet de Silk Cut.

Une fois assise à notre table, Dina sortait du paquet une cigarette qu’elle allumait.

Elle étendait alors ses longues jambes sous la table, inclinait la nuque en arrière, ramenait la cigarette à ses lèvres, et elle tirait une longue bouffée, tout en fermant les yeux.

Cet intermède durait peut-être dix ou quinze secondes, mais quand elle revenait à nous, et rouvrait les yeux, Dina avait sur le visage une expression d’extase. Bien que les hommes soit devenus pour moi mon terrain de jeux, c’est à ce moment là que je fus charmé par Dina.

« Mmmmmm ! Que çà fait du bien ! »

« Alors les garçons comment allez-vous ? »

« Bien ! Et toi ? »

Très excitée : « Oh… La routine excepté que ma fille me rend chèvre. »

« Certainement comme la mienne » répondit JM.

 » Tu crois ? Je suis sur les nerfs. J’ai pris un demi lexo ce matin pour me calmer. Elle me rend dingue cette petite garce. Elle est rentrée cette nuit à trois heures du mat. Sèche les cours. Pique du fric dans mon sac, mes cigarettes… Fume les joints que je nous réserve quand on sort en after le week-end.  Sans vous parler du reste… »

Je pensais : « Non Dina ; pas le reste tu commences à me faire peur. »

Tant qu’ à JM : interdit, il me regardait avec des yeux aussi ronds que des boules de billards.

« Ah mais « Tu as une fille aussi ? » s’exclama Dina

« Euh ! Oui, j’ai… ». Jm avait l’air ahuri.

« Mon pauvre…  Je compatis. »

En comparason la fille de JM aurait pu passer pour une oie blanche.

Dina reprend : « En plus ce n’est pas le moment, je suis MORTE. Diane et moi avons fait la fiesta tout le week-end. »

Pour une morte elle avait une sacrée énergie. Certainement les ecstas du week-end passé faisaient ils encore leurs effets.

Dina s’étendait sur les dificultés d’être une mére célibataire.

 » Blablabla ,blabla, blablabla…. « 

Elle acheva son discours par :

« Heureusement pour compenser il y a les plaisirs de la vie: une bonne bouffe, la fête, des p’tits joints, et une bonne baise… Je suis très libre, très ouverte… d’esprit. Pas vous les garçons ?

Je répondis par un sourire entendu pour me donner bonne figure.

Tant qu’à JM, il avait l’air coincé. Il bredouilla un : « Je ne sais pas, je suis marié… »

Dina avait flairé son malaise et lui dit :

« Aller, JM ne me la fait pas ! Une bonne bite ou une bonne chatte, non ? »…

Mal à son aise et surtout peur d’être découvert JM dit :

« Oui, peut-être. Tous les goûts sont dans la nature ».

« Et toi ? » me demanda Dina.

Je fermai la conversation et lui répondis :

« Tu es une vraie épicurienne Dina »

« Oui, c’est çà. C’est ce que je me dis tous les jours »

Fin de la conversation. Fin de mon émoi pour Dina.

Au cours de nos déjeuners Dina s’était présentée comme la mére d’une adolescente de 16 ans. Le père ? Ou devrais-je dire le « géniteur », était absent ; car Dina en amazone accomplie, n’avait gardé aucun lien avec lui, si c’est celui auquel elle pensait. En plus d’être mère célibataire, Dina était une battante : elle avait monté avec son associé ce restaurant, ainsi que l’autre près du port.

Puis un jour elle nous dit, qu’elle en avait assez de Marseille. Qu’elle allait tout vendre. Partir pour Milan et ouvrir un concept restaurant, boutique, dance-floor…

La fois suivante, Dina n’était plus là.

J’appris par « son associé » que la Dina s’appelait en fait Corinne. Que la dite associée avait été mise à la porte en tant que serveuse.

Oui elle était bien une mére célibataire, oui elle faisait trop la fête, oui elle était un brin mytho. et oui elle était complètement déjantée.

J’avais quelque temps sublimé la belle italienne que j’avais pris pour une Ferrari.

C’était en fait, une vulgaire Seat Toledo au kilométrage incertain, dont plus personne ne voulait une fois essayée.

Peu de temps après, le restaurant fut vendu et marqua la fin de nos dejeuneurs chez « DINA LA LOOKEE ».

A l’occasion de notre dernier repas chez « DINA LA LOOKEE », les nouveaux acquéreurs nous dirent que l’ancien propriétaire s’était exilé à Milan pour vraiment ouvrir le dit concept-restaurant.

Je n’ai jamais recroisé Corine allias Dina.

Quant à JM et moi nous sommes partis prendre nos repas dans un restaurant du cours Julien sur les conseils de mon ami Did.

« Il m’a c… dessus ».

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Je téléphone à JM.

Une fois les échanges, des salutations et politesses d’usage dites, je propose à JM un nouveau lieu pour nous restaurer :

« LES DAMES DE L’ASTRE GOULU » (tous les endroits et marques cités existent ou ont existés. Comme vous avez pu le remarquer je les paraphrase…).

« Ah…!  C’est où ? ».

(Je pense : mais réfrène ta joie mon JM, quel entrain…)

« Cours Julien ».

« Cà craint pas un peu là-bas ? ».

« Absolument pas ! La place a été rénovée c’est même plutôt sympa. Il y a pas pas mal de resto. avec de belles terrasses »

C’est vrai que mon JM n’a pas tout a fait tord. Par le passé c’était même un endroit plutôt mal famé. Mais le lieu a été réhabilité par la volonté de la mairie. Des boutiques et restaurants se sont installés. Un parc d’enfants a été ouverts, les fontaines remise en eaux, les sol repavés. Et l’endroit est interdit aux voitures.

« Bon ok, rendez-vous là-bas 12h15″.

Une fois retrouvés nous nous installons en terrasse. Il fait beau, nous sommes mi-avril. L’endroit est vraiment très agréable.

« Alors mon JM, comment tu trouves ? »

« Ah oui. C’est bien. Pas mal de monde en plus. J’ai repéré deux ou trois loulous. Franchement bon choix »

« Ah ! Tu vois…. Alors quoi de neuf ? »

« Rien de spécial. La routine. »

« Des rencontres sympa ? »

« Mmmmmhhh »

« Cà veut dire quoi çà. » Ma curiosité était piquée à vif.

« Raconte !…  Aller ! »

« Je sais pas. C’est glauque ce qui m’est arrivé ! ».

« Je te jure, çà ne sortira pas du département »

« Bon… Avant-hier, comme il n’y avait rien de bien fameux au sauna, j’en suis parti vers 18 heures et avant de rentrer je me suis arrêté sur l’aire d’autoroute… »

« Aller, tu dragues sur les aires d’autoroute ? Mais tu n’as pas peur de te faire repérer par quelqu’un de ton entourage ? »

« En principe, j’évite. Mais j’avais trop envie. Et puis même, si quelqu’un que je connais m’y vois je pourrai toujours dire que j’y étais pour pisser ».

« Cà craint quand même… ! Et alors ? »

« Je me gare, il y avait quelques voitures et un semi-remorque.

Je vais aux chiottes. Il y avait deux mecs. Un de dos qui se lavait les mains : pas mal, bien foutu. L’autre un vieux, qui tournait.

Je vais pisser. Je ressors pour aller vers ma voiture, quand j’aperçois le beau mec. Il était devant la portière de son bahut, et me souriait.

Mmmmmm un routier. Ni une, ni deux je me dirige vers son camion. Pendant ce temps, il grimpe dans la cabine et laisse la porte ouverte.

Je monte à mon tour.

Il était allongé sur sa couchette.

Je lui dis salut et me il répond avec un fort accent allemand : salutéééé.

On commence à faire, nos petites affaires. On se retrouve vite à poil. A un moment donné il se retrouve sur moi accroupi et me pose une question en allemand. Je croyais qu’il me demandait s’il voulait que je le prenne. Alors je lui ai répondu ravi : Ya ! Ya ! Et là… LE cauchemar. »

« Qu’est-ce qui c’est passé ??????? ».

Je m’attendais à tout…

J’imaginais déjà que le camion avançait tout seul, ou qu’il y avait une descente de police, ou pire encore que la femme de JM en furie, était en train de défoncer la portière du 38 tonnes…

JM poursuivit :

« Eh bien… Rien que d’y penser j’ai envie de gerber… Cà me dégoûte…! »

« Mais quoi ?…. ALORS ? »

« J’ai toujours l’impression d’avoir sur moi cette odeurrrr… (avec un haut-le-coeur). Enfin tu vois!… »

« Excuses-moi. Je suis nul mais je ne vois toujours pas »

JM inaudible :

« Il m’a c…….. sus »

Criant presque : « Quoi ? »

JM irrité que je ne le comprenne pas à demi mots, me dit à voix basse les dents serrées :

« IL M’A……. CHIE DESSUS… »

D’un coup je me suis reculé dans le fond de ma chaise, tout en portant la main à la bouche.

Je suis resté quelques secondes stupéfié par l’horreur de la situation. Je regardais JM tournant la tête de droite à gauche, et de gauche à droite.

JM : « Oui je sais c’est dégueulasse, eurk… »

Puis, je fus pris d’un faux rire inextinguible. Je pris la serviette de table et enfouis mon visage dedans. J’étais en larmes. J’étais secoué de soubresauts. Mes abdominaux me faisaient horriblement mals, brûlés par la douleur.

La patronne amena notre commande et demanda inquiète si tout allait bien.

JM pincé lui répondit :

« Ne vous inquiétez pas. Tout va bien »

Tant qu’à moi, toujours le visage dans la serviette je balançais la tête de bas en haut pour la rassurer

J’essayais en vain de m’excuser auprès de JM… Mais j’étais à chaque fois repris par le fou rire.

Après quelques minutes, je me confondis en excuses.

Pour me dédouaner de mon comportement, j’invitais JM d’office.

Toujours pris de rires nerveux, je demandai à JM de finir tout de même son histoire.

JM de bonne grâce poursuivit :

« J’ai remis mon slip, mon pantalon, mes chaussures, pris ma chemise et ma veste du bout des doigts en évitant de les souiller, et je suis parti en courant me rincer au lavabo des toilettes.

Comme j’étais mal !…

Des gars étaient là.

Je sentais leur regard dans mon dos pendant que j’essayais de me rincer à l’aide de Kleenex mouillés…. L’HORRRREUR ! Tu peux pas savoir Cyril, c’est horrible !

NON !!!!…

Je ne PEUX.

Surtout : je ne VEUX PAS SAVOIR, conjuger ces verbes à tous les temps du futur pour ne pas revivre une telle situation.

JM continua :

« En ressortant des chiottes, ce connard était devant ma voiture en bredouillant des « Ezcousez moi ». J’ai failli lui foutre mon poing dans la gueule »

Je ne te dis pas comme j’étais mal quand je suis rentré à la maison.

Heureusement, que Mariette n’était pas là quand je suis arrivé.

J’ai du passé une demi-heure sous la douche. Depuis, j’ai toujours l’impression de porter cette odeuurrrrr…. »

Quand on sait que JM se sent « nu sans parfum »…. Là il est habillé pour trois saisons….

JM n’avait presque pas ou peu touché à son repas.

Moi également mais pas pour les mêmes raisons…

Une fois la note réglée, nous sommes partis déambuler devant les boutiques alentour. J’ai essayé de faire oublier à JM ce fâcheux épisode, dont nous ne reparlerons jamais…

Le radar de JM.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Nous resterons fidèles aux dames de l’astre goulu durant presque deux ans »….

Dames ?… Les propriétaires étaient deux amies. Deux associées, qui après avoir vendu leur restaurant près de Montmartre avaient comme beaucoup, été attirées par le soleil de Marseille. Ces filles d’une cinquantaine d’années, étaient présentées dans les guides « comme légèrement baba cool ». Pour moi, elles incarnaient la bobo attitude.

Leur restaurant ?  A l’entrée, des étagères en fer forgées supportaient des objets et produits bio, exposés à la vente.Des canapés et poufs très bas, entouraient des tables basses en zéliges. L’endroit était plutôt intime . Une impression certainement rendue par la couleur bleue Klein des murs, le choix de l’éclairage, et la petite superficie du lieu.

Nous comptions parmi leur premiers clients. Elles nous prirent en sympathie et se présentèrent plus intimement.

Mais avant qu’elles le fassent, JM avait déjà jaugé nos donzelles.

« Deux amies ?…Tu parles !

« Qu’est-ce que tu racontes ? »

« Mouééé…? Deux amies…? Deux gouines oui ! »

« Qu’est ce qui te fais dire çà ? »

« Une intuition. C’est mon radar qui me le dit »

AH !…. Ce FAMEUX radar que certains se targuent de posséder. Cet OUTIL infaillible… Heureusement pour nous qu’il n’équipe pas la flotte aérienne…

Moi : « N’IM…POR…TE QUOI… ».

« Mais Cyril, çà crève les yeux ! »

JM en plus d’être équipé de série, du fameux radar, a en option le :

« Il en est. Je l’ai vu je ne sais pas où, mais j’en suis sur, il en est… ».

Que répondre à çà, à part : « Où ? »…

En réponses on peut obtenir :

« Il est en photo sur Gaypics… » ou « Je l’ai croisé au sauna » ou « Cà tête ne m’est pas inconnue mais une chose est sure… : IL EST GAY ! ».

Est-ce une façon pour JM de se rassurer ? Comme sa croyance absolue que tout le monde le convoite ?.

C’est ce qui me plaît à penser. Ces certitudes me font jubiler intérieurement. J’en suis parfois à lui tendre des perches pour qu’il abonde dans ce sens.

Tout en dégustant, mon rouget accompagné de riz safrané je titillais JM :

« Et Clooney ? Tu crois qu’il est gay?

« Mais c’est sûr ! Ce mec pas marié qui dit se faire plein de gonzesses ? C’est pour démentir, c’est tout… »

« Mais toi JM, tu es marié et pourtant…. »

« MAIS c’est pas pareil ! »

Je constate : deux poids, deux mesures.

Bref, les dames de l’astre goulue se présenteront comme deux soeurs. L’une mariée depuis 25 ans et l’autre vivant une liaison avec un éditeur depuis 5 ans.

Un brin narquois : « Ah ! Tu vois mon JM faut peut-être penser à faire calibrer ton radar… »

Un brin vexé      : « Oui. Ohhh…. D’accord mais…. Mmmmm « .

Jusqu’au jour ou une des deux avouera qu’elles ne sont pas en réalité de vraies soeurs. Mais qu’elles se sentent comme telles car élevées ensemble.

Il n’en sufisait pas plus pour que mon JM exulte et revienne à la charge. Bien que nous ayons à quelques reprises aperçu leurs compagnons respectifs, mon JM persistera dans son idée première et n’en démordra plus.

Vainqueur         : « Alors ? Qu’est ce que je t’avais dit ? »

Résigné            : « Mais JM où veux-tu en venir ? Cà prouve quoi ? ».

Condescendant : « Mon pauvre ami… Mais tu n’as rien compris. Elles se gouinent. La preuve elles disaient être soeurs… Pouah ! Je l’ai tout de suite vu qu’elles ne l’étaient pas ».

Il aurait fallu être non voyant pour ne pas s’apercevoir de la supercherie. C’était comme-ci vous compariez une tasse en porcelaine de Saxe à une écuelle à cochon. Bien qu’un aveugle aurait eu aussi des doutes, tant les voix étaient différentes.

Insistant             : « A quoi t’as vu çà toi, qu’elles sont gouines ? ».

Suspicieux         : « Leur mensonge… Si c’est pas pour cacher qu’elles sont gouines ? ».

Peu convaincant : « Et leurs compagnons ? »

Sans appel         : « Et alors, je suis bien marié. »

Ce fut l’estocade de la mauvaise foi incarnée. Il y a bien chez JM : deux poids, deux mesures… C’est quand çà arrange la bête. Et contre çà, aucune démonstration ne pourra le faire changer d’avis.

Campés sur nos positions respectives, nous boirons nos cafés, sans pour une fois faire notre « vitrine-tour ».

C’est après cette période que JM connaîtra deux coups de foudre successifs qui le changeront profondément…

Carine.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Je me souviens que nous devions être en mai ou juin. Derniers moments de la saison où il est encore possible de déjeuner en plein soleil, sans que çà ne tourne à une séance de sauna…

Ce jour là je dois avouer que je n’étais pas très attentifs aux propos que me tenais JM. Nous en étions au café ; avachi dans un confortable fauteuil en fils de nylon tressés face au soleil,réchauffait par ses rayons, les yeux plissés par l’intense lumière, je badaudais du regard.

J’étais dans une semi torpeur agréable ; d’une oreille distraite, je captais par bribes des mots prononcés par JM :

** « ….ai….beau….Gaystar….Daniel….grand….coiffure….revu….fois….extra….pied….demain…. ».

Quand, en un éclair mon regard fut attiré par une forme noire qui, tel un rapace sur sa proie, piquait d’un pas décidé sur JM.

D’un coup, je me suis redressé de mon fauteuil. JM assis face à moi, surpris par ma réaction fit volte face et se leva. Il embrassa la forme noire, se retourna vers moi, et s’écarta pour me présenter…. Carine allias Mortisia : sa fille.

Les présentations faites, Carine s’assis mais ne resta guère plus de 3mn en notre compagnie. Il était presque 14h et devait rejoindre son lieu de stage situé à deux pas du cours Ju.

Une fois partie, je livrais à JM les impressions que m’avait laissé sa fille :

- « Quelle âge a t-elle ? »

- « Bientôt 20 ans »

- « Oh là là !…. Mais elle fait beaucoup plus. ».

Sous un manteau, elle portait tailleur et chemisier ; à la main elle tenait un cartable, à l’épaule un sac ; chaussée en haut de lunettes et en bas d’escarpins ; je remarquai aussi des bas… La couleur ? NOIR. Les cheveux coupés au carré étaient aussi presque noirs.

« Oui, je sais çà fait un peu strict mais elle fait un stage dans un cabinet d’avocats. Tu sais il faut qu’elle soit classieuse ».

Oui c’est exactement le terme : classieuse. Vous déguisez une cagole en pseudo secrétaire et vous vous retrouvez en face de la classieuse Carine. Et d’une distinction :

« Wowowowow Oh papa il faut que j’y aille oh ot;. Il ne manquait plus que : « Bonne mère » ; « Putain con » et on y était. Une sorte de Pagnolesque banlieusarde. Ah çà pour être classsieuse….

- »Ok JM, mais je trouve que çà fait trop ».

- »Nnnnnnnnon. »

- »Comme elle doit avoir chaud la pauvre ».

« Elle fait un complexe. Elle se trouve grosse. Donc, elle ne se découvre guère et s’habille presque toujours en noir ».

- »Ah bon ? Mais çà ne vous inquiète pas un peu ? »

« Nnnnnnnnon. Pourquoi ? Tu sais comme sont les jeunes d’aujourd’hui… »

- »Si tu le dis… Ouh ! Mais elle est décidée… Et elle plutôt ambitieuse non ?…. Et,… elle passe son master à la rentrée ? ».

- »Son master ? Pourquoi tu me parles de master ? »

- »Ben…. Elle ne m’a pas dit qu’elle comptait ouvrir un cabinet d’avocats à Bastia ou à Montréal ? »…

- »Bah ! Elle vient de commencer sa première année de droit. »

- »Je ne comprends pas. On fait des stages dans des cabinets d’avocats en première année de droit ??

« Non ! C’est mon beau-frère qui est avocat qui l’a prise pour faire de l’archivage. Mais tu sais çà fait 15 jo urs qu’elle est dans la place et elle fait déjà du boulot d’assistante…. Tu te rends compte ? C’est pas pour dire mais elle est douée ma fille !… »

Oui. Effectivement. Très douée pour les bobards.

- »Elle habite toujours avec vous ? »

« Non. On lui a pris un T3 en début d’année. Elle vit avec son copain : Jérémy. »

- »Mais ils travaillent ? »

« Ouiiiii. Jérémy travaille à la SNCF ; il est contrôleur de train »

- »Et ta fille ? »

« Ouiiiii. Elle garde de temps en temps les enfants des voisins… Elle est courageuse tu sais. Remarque on les aide bien, va. Tu sais ce que c’est…? On en a qu’une… On se la gâte… »

Gâtée ? POURRIE oui. Mais quelle petite conne. Comme elle se la raconte. Mais quelle mocheté en plus…. Presque 21 ans  ! A peine bachelière ? Mais c’est une foudre de guerre cette petite. Attention Elisabeth (Badinter) ! La relève est assurée. Avant de m’exciter d’avantage, je clos le sujet et préfère l’ironie :

- »C’est bien… ! Les joies d’un père… en somme !

JM béat : « Oui. Ma fierté……………………….. »

- »Je change de sujet mais que me disais tu avant que ta fille arrive ? »

« AH OUIIIIIII ! Daniel ! Attends je pars régler et on y va ? »

-Où çà ? ».

« Chez Menstore ! J’y ai vu des trucs très sympa quand je suis passé devant la vitrine. »

- »Ah bon ? C’est pas trop ton style çà ? ». m’étonnais-je.

Je n’ai pas eu de réponse car JM était déjà parti régler l’addition. Je comprendrais plus tard en rencontrant « l’exquis » Daniel pourquoi mon JM deviendrait pour un temps client de Menstore… Sur le chemin qui nous amenait à la boutique, JM ne se fit pas prier pour me redonner tous les DETAILS de sa rencontre avec Daniel. Je vous épargnerai donc le logorrheïque JM au sujet de son apollon et vous synthétise la présentation :

** « J’ai rencontré un beau brun sur Gaystar il y a trois semaines. Il s’appelle Daniel. Il a 38 ans et il a un grand salon de coiffure sur Marseille. Je l’ai revu pour la troisième fois hier. C’est un type extra : niveau pieu c’est le pied . Je le revois demain. »

JM tiendra absolument à me présenter son « coup »…. de C….oeur. La rencontre se fera au bas de mon domicile de l’époque, dans une boutique d’ameublement et belles déco, assez huppée. Drôle d’endroit pour une improbable rencontre…

« L’exquis Daniel.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Il tint absolument à me présenter Daniel. Je pense que JM voulait me faire partager son bonheur secret… Avec qui d’autre aurait-il pu le partager d’ailleurs…?

JM pris le prétexte, de vouloir acheter une console dans la boutique située en bas de chez moi, pour me présenter Daniel ; çà serait là une occasion, non formelle et « spontanée ». Du moins c’est ce que JM voulait faire croire à Daniel.

14h30 coup de téléphone.

« Salut Cyril, c’est JM.

- »Oh, salut JM comment vas ? « 

« Cà va ! Et toi ? »

- »Bien aussi, merci ! Qu’est ce qui t’emmène ? »

« Je suis garé en bas de chez toi. On va faire un tour avec Daniel dans la boutique de déco. Tu nous rejoins ? »

- »Ok, j’arrive. A tout de suite ».

Une fois le téléphone raccroché, je pris juste le temps de fermer par un tour de clef ma porte d’entrée, et de descendre prestement les quatre étages.

Je me retrouvai en 2 minutes devant l’entrée du magasin.

Je pénétrai dans la boutique, en arborrant mon plus beau sourire. Une façon de montrer que j’étais sous les meilleures dispositions pour que cette rencontre avec l’élu, soit la plus cordiale possible.

Je rejoignis dans le fond du magasin les deux acolytes qui se tenaient de dos ; occupés à déambuler nonchalamment entre les meubles et objets exposés.

Arrivé à leur hauteur je lançai :

- »WAOUW Salut beau gosse ! » JM se retourna.

- »Sapé le mec !… » Il portait un costume écru en lin. Cette couleur clair faisait ressortir son teint halé qui lui donnait la bonne mine des gens épanouis. Je dois bien avouer que ce qu’on nomme l’amour vous rend radieux et JM l’était.

- »Salut Cyril !(Bises de circonstance). Ah tu trouves ? Cà change hein ? ».

- »Très élégant ! Cà te va super bien… »

Daniel s’était entre temps retourné et attendait d’être présenté.

« Daniel, je te présente Cyril ; Cyril – Daniel »

Il y a des personnes avec qui spontanément je veux mettre une distance. Je crois que l’intention était partagée.

Il me tendit en cassant le poignet, une m ain molle. Il me regarda à peine dans les yeux, un sourire à peine exquissé pour me dire :

« Daniel »…

- »Oui, je sais ». répondis-je sèchement. Mon sourire n’était plus celui d’une hôtesse d’accueil.

Je crois qu’il a senti tout de suite en lui serrant la main, lui déboîtant presque l’épaule au passage que nous ne serions jamais amis.

Les présentations faites, Daniel repris aussitôt l’exploration des lieux.

- »Alors qu’est-ce que tu me racontes mon JM ? »

« Oh ! Pas grand chose la routine ».

JM se retourna pour vérifier si Daniel se trouvait suffisamment à bonne distance pour me demandait avec l’empressement d’un enfant, et d’une voix basse contenue :

« ALORS ? Il n’est pas trop sympa ???? » Plein d’étoiles dans les yeux.

- »Tu sais, ce n’est pas avec ce qu’on s’est dit que… »

« Mais non, physiquement il n’est pas trop canonnnnnn ?…. »

- »C’est pas du tout ma tasse de thé. Mais si toi tu le trouve sexe c’est ce qui compte non ? ».

Un peu déçu par ma réponse JM poursuivit.

« On revient de « L’abri » où Daniel m’a invité pour déjeuner, et après on part chez lui faire un petit câlin ».

L’abri est un restaurant situé dans les calanques de Callelongues ; c’est un endroit connu et trop « m’as tu vu » à mon goût pour y avoir une fois dîné. Décidément, Daniel n’aurait pu faire meilleur choix tant le lieu collait à sa personnalité.

JM me proposa :

« Mais avant tu viens avec nous, prendre un petit café à côté ? ».

- »C’est gentil mon JM, mais je dois passer à la banque avant la fermeture et le temps de me préparer… Je suis déjà à la bourre, tu sais… ». Je me demande si JM avait cru à mon excuse, mais il n’insista pas.

Comment dire à JM, que le physique et l’allure de Daniel p assaient encore… De là, à le trouver canon…. Mais c’est surtout dans l’expression, l’attitude que je trouvais le personnage abject.

Cà m’est arrivé  seulement deux fois dans ma vie, de ressentir en une fraction de seconde la plus grande animosité envers quelqu’un. C’est quelque chose que je n’ai jamais pu m’expliquer.

Un détail que je n’aime pas chez mes semblables, ce sont les lunettes de soleil posées sur la tête. A son poignet une gourmette en or. Ce simple accessoire accentuait chez lui un côté pédant qu’il ne pouvait dissimuler. Je n’avais jamais rencontré un individu qui dégageait autant de suffisance, de mépris d’autrui ; c’est simple c’est le genre de personne qui m’inspire le dégoût.

Il est un lieu commun d’avancer que les opposés s’attirent, mais en l’occurence j’étais en face de l’eau et du feu. Il était aux antipodes de ce qu’était JM.

Physiquement ? Evidemment chacun ses critères de beauté. Mais je crois que JM voyait son Daniel avec l’av euglement de l’amour. Un type pas très grand, des cheveux brun très courts encadraient un visage rond, des yeux marrons presque exophtalmiques qui lui donnaient un regard bovin ; des sourcils épais, un petit nez, des lèvres lippues et mollassonnes…. Tant qu’à la silhouette, celle d’un culto grassouillet, aux vêtements étriqués.

JM appela Daniel qui nous rejoignit.

« Cyril, n’a pas le temps de boire un café avec nous ».

Je tendit la main à Daniel et lui dit simplement au revoir. J’embrassai JM et on convint de s’appeler dans la semaine.

En remontant chez moi, j’étais toujours sur le coup de l’étonnement. Qu’est- ce-que JM trouvait à ce type ?

Certes JM était comme jamais je ne l’avais vu auparavant ; il exultait de bonheur.

A moi aussi il m’est arrivé pareille aventure. D’y croire ; d’avoir pendant quelque temps senti avoir des ailes me pousser dans le dos. Puis comme un soufflet raté, une fois ce moment d’extase passé, me dire :

« Mais qu’est-ce que j’ai bien pu trouver à ce type… ». Et passer à autre chose.

Là, c’était bien différent ; pour JM une première aventure amoureuse. Il n’avait jamais connu aussi forte émotion.

J’étais sincèrement heureux pour lui. Je repensais alors à une citation de Proust qui disait :

« Ce qu’il y a d’admirable dans le bonheur des autres, c’est qu’on y croit. »

Seulement je crus que ce bonheur là risquait de ne pas durer ; et plus dure serait la chute…

Quelque chose me disait qu’il était  prêt à faire des choix radicaux dans sa vie… Et l’avenir me confirmera cette orientation…

Rencontre avec Mariette.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

7H30 samedi coup de fil :

- »Allo ? »

« Oui, c’est JM. J’espère que je ne te réveille pas ? »

Un rien inquiet :

- »Non… Qu’est-ce qui t’arrive… ? Rien de grave…?

J’étais quand même sur le cul : un samedi ? JM n’est jamais joignable les week-ends. Si vous l’appelez, vous tombez systématiquement sur sa messagerie vocale.. Je me suis tout de suite dit : çà y est il a fait une connerie, il quitte Mariette.

« Oui et non, ne t’ inquiète pas ; j’aurai besoin de ton aide pour déménager Carine… Tu es disponible ? »

- »Déménager ta fille ???? Heu… Oui… Tu me prends au dépourvu ; il faut juste que je prévienne Sophie, je devais la rejoindre sur Hyères pour passer 2 jours à Porquerolles… Elle va faire la gueule… »

Désemparé : « Ah ? Mince… Je vais essayer de me débrouiller autrement. »

- »Non ! Attends, tu n’as personne d’autre à qui demander ? »

 » Non ! Tu es le seul qui ai répondu au téléphone. C’est une urgence, je t’expliquerai… ».

De bonne grâce, contrainte :

- »Ok c’est bon. Je viens te prêter main forte ».

Soulagé :

« MERCI ! Je te revaudrai çà… Résidence Bella Vista, Allée des Cyprès dans le 9ème. On t’attendra devant »

- »Qui çà ? ON »

« Carine, un de ses copains, Mariette et moi »

- »Mariette ? Mais comment tu lui as dit qu’on se connaissait ?

« Je lui ai dit, que tu étais un client venu pour un projet de construction de villa… Et de là, on avait sympathisé…. »

- »Oh punaise !… Et…. Je suis quoi ? Divorcé ? Célibataire ?… « 

Embarrassé :

« Je lui ai dit que tu avais une relation avec une femme…Sophie ? »

Il n’a menti qu’à moitié ; car JE N’AI PAS…, mais plus précisément J’AI EU une relation de 5 ans avec Sophie que j’avais quitté pour un homme… Le temps avait passé depuis notre rupture et elle était devenue ma meilleure amie.

Mais comment expliquer à Mariette que Sophie et moi ne partagions pas le même toit et de surcroît que nous habitions à 60 kilomètres l’un de l’autre ??? J’avais moins d’une heure pour trouver un semblant d’explication qui tienne la route.

- »Ok ! On va faire avec… Bon ! A tout à l’heure ».

« Encore merci. On t’attend ».

Cà sentait l’embrouille. Mais je n’avais pas le temps de me poser plus de questions. Je verrai bien : haut les coeurs Monsieur Baden-Powell…

Je mis à peine 35 minutes pour rejoindre le lieu de notre rendez-vous. Ce fût facile pour les trouver, un petit camion de déménagement se trouvait devant le portail de la résidence.

Avec tout de même une certaine appréhension, j’allais connaître la femme de JM…

C’est Carine que je vis en premier qui fumait comme un dragon avec un copain.

- »Bonjour Carine. »

« Oh ! Bonjour Cyril ».

Elle m’apparut beaucoup moins stricte et noire qu’à notre première rencontre. Elle avait physiquement l’apparence et l’allure d’une fille de son âge, mais au cours de cette matinée elle se montrera comme je l’avais présentie : immature et écervelée. J’eus le temps de remarquer au passage, des traces bleuâtres autour de son cou, ainsi qu’une légère tuméfaction au niveau de la pommette droite.

Une simple poignée de main, pour le copain qui était venu prêter main forte.

- »Où sont tes parents ? ».

« Ils sont dans l’appart… Ah ! Mais les voilà qui arrivent »

Je vis Mariette en premier. Un petit bout de femme, plutôt gironde, un visage aux traits réguliers, des cheveux châtains très clairs, une démarche rapide et décidée qui tranchait avec celle du grand JM, plutôt nonchalante.

Elle vint à ma rencontre me remercier pour ma sollicitude.

Arrivé à moi, tout en prenant ma main entre les deux siennes elle dit :

D’un fort accent chantant marseillais :

« Je tiens à vous remercier du fond du coeur Cyril. Vous ne pouvez pas savoir quel soulagement j’ai eu quand JM m’a dit que nous serions un de plus pour le déménagement ».

Grand seigneur :

- »Mais ce n’est rien… »

« Ah non ! Quand même… Jean-Marcel m’a expliqué brièvement que vous deviez partir en week-end ? »

Impérial :

- »Oui, mais ce n’est pas grave. Ne vous faites pas de souci ».

« Je suis vraiment désolé… Je ne sais pas si Jean-Marcel a eu le temps de vous expliquer mais mon frère devait venir nous aider ; seulement ma tante est tombée dans la nuit et s’est fracturée le col du fémur ; il est à l’hôpital avec elle pour la veiller… Bon ! Sur ce… On monte prendre un petit café pour nous mettre en jambe ? »

- »Bien volontier. »

« Je prends le thermos dans le camion et on y va ».

Je trouvai Mariette joviale, enjouée, très sympathique, et d’une nature organisée. Pendant ce temps JM, était venu me faire la bise.

« MERCI Cyril, vraiment ! »

« De rien, aller… Mais au fait, que s’est-il passé ? Pourquoi ce déménagement précipité ? ».

« Ah c’est vrai, je n’ai pas eu le temps de t’en parler ».

Il est vrai que JM avait autre chose en tête. Et quand je dis autre chose je pèse mes mots : la chochose Daniel…

« Montons et je t’explique tout çà là haut. Carine tu viens ? »

La pintade était en train de rire comme une bêtasse.

Toujours aussi distinguée :

« Ouais ! J’ARRIVE… »

Pendant que nous montions, j’imaginais une Mariette suspicieuse ;  je redoutais ce moment où elle poserait des questions fatidiques du genre :

« Et… Vous êtes donc un client de Jean-Marcel ? » ou « Et… Vous êtes marié ? »ou encore   »Ah bon ? Et…Vous ne vivez pas ensemble avec votre compagne…???? ».

Je savais comment, et surtout où, Mariette avait connu JM. Je me disais qu’à ses yeux, il ne devait pas faire de doute que ma rencontre avec JM n’était pas tout à fait celle racontée par son cher et tendre.

Comment allai-je m’en sortir…

Le déménagement de Carine.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

L’appartement de Carine était situé au 4ème étage sans ascenseur ; c’est un détail pour vous lecteurs, mais qui devient capitale pour le déménageur occasionnel que j’étais devenu pour la circonstance.

L’appartement paraissait impersonnel et sommairement meublé. Encore un détail pour vous, mais qui pour moi…. Je mesurais ainsi la facilité de la tache, sachant qu’avec un peu de chance, le partage du mobilier aura été équitable…

Pressé de connaître la raison de ce déménagement hâtif, une question me BRULAIS les lèvre s :

En aparté avec JM :

- »ALORS ? Qu’est-ce qui c’est passé ???? Racontes… »

« Mariette ! Tu me préviens quand Carine arrive. »

A voix basse :

« Le jour où je suis passé te voir, Carine nous a téléphoné en larmes. Elle s’était violemment disputée

avec Jérémy, pour une histoire de vêtements non repassés… »

- »Ah bon ? Et ils se séparent pour çà ? »

« Attends la suite. Ils n’en sont pas à leur première altercation… Un coup c’est la vaisselle pas faite ; un coup le ménage…; un coup le désordre… Bref ! Ce soir là, elle nous appelle pour nous annoncer qu’elle était à bout et qu’elle envisageait une séparation… »

- »Si vite ??? »

« MAIS ATTENDS nom de dieu. Qu’est-ce que tu peux être pressé ».

Mariette l’interpelle :

« Carine arrive ! ».

JM change de conversation reprend à parler normalement :

« …. oui, je te disais donc qu’on allait commencer par vider la cuisine ; en premier, on va descendre le réfrigérateur et la machine à laver ».

Ooops çà commence fort.

Jouant la surprise :

« Ah Carine tu es là. Tu vas aider ta mère à débarrasser la vaisselle des placards et les mettre en carton. »

Il n’y avait pas grand chose à déménager, sauf que rien n’avait été mis en carton.

Tout en descendant le réfrigérateur, JM repris où il avait laissé son histoire :

« On a tenté de la calmer ; de lui dire que ce sont les aléas de la vie à deux ; qu’il fallait qu’ils prennent leurs marques….Que çà aller s’arrangeait… »

Entre deux étages :

« Une minute ffffouuuu, on fait une pause fffffouuuu,  je reprends mon souffle… Ffffffouuuuu… Donc, impossible de la raisonner… Plus on essayait de temporiser, et plus elle voulait quitter Jérémy… Tu sais, elle est testarde la petite… Une fois raccroché, elle est venue à la maison pour passer la nuit. Du coup, nous on a passé une nuit blanche… »

« Aller, on reprend. Tu es prêt ? Trois, quatre ».

Tout en descendant les deux derniers étages, JM continua :

« Le lendemain, elle a demandé à Jérémy de la rejoindre à l’appartement pour se partager les meubles. Elle a eu l’intuition de faire venir sa cousine comme témoin… Jérémy est arrivé avec un copain. La discussion a commencé entre lui et Carine et très vite, çà a dégénéré en dispute. Il lui a retourné une gifle du revers de la main. Carine s’est mise a hurler et pour la faire taire, il lui a passé les mains autour du cou… »

JM soufflait comme un boeuf ; et moi comme un veau.

« Qu’est-ce qu’il est lourd le con. Cà va toi ? »

- »Oui, c’est bon… On continue jusqu’au camion. »

JM poursuivit :

« Heureusement que sa cousine était là, qui a commencé a crier. Le copain de Jérémy a voulu la faire taire aussi, la retenir mais elle a eu le dessus, et elle s’est précipitée dans la cage d’escalier en hurlant.

Prit de panique par ces hurlements, Jérémy a lâché prise et s’est enfuit avec son copain. Et depuis plus de nouvelles. »

- »Mais quelle histoire….Et….. Vous avez essayé de le recontacter ? »

« Tu penses qu’on a essayé. Mais on tombe à chaque fois sur sa messagerie »

- »Il ne sait pas que Carine déménage aujourd’hui ? »

« Non. Mais ce sont les gendarmes qui nous ont conseillé de déménager au plus vite. »

- »Les gendarmes ? »

« Carine après cet épisode, à eu le réflexe de se rendre à la gendarmerie, pour porter plainte »

Eh bien ! Elle ne perd pas le nord la bécasse.

- »Ta fille n’a pas l’air si traumatisée ».

« AH SI qu’elle est… « 

Que les parents sont parfois crédules devant leur « merveille ». La « traumatisée » était d’humeur badine ; en plus, je m’aperçus très vite que la « petite », était une grande feignasse. Je pensais au calvaire qu’avait du endurer ce pauvre Jérémy…

- »Au fait, c’est qui ce copain ? »

« Ah Antony ? C’est un copain que Carine a rencontré sur le net il y a quelques semaines. Ils ne sont que copains ; lui espére d’avantage mais Carine a mis les chose au point. »

- »Elle faisait des rencontres sur le net alors qu’elle était avec Jérémy ???? »

« Oui, mais qu’amicales, les rencontres ».

Ironique :

- »Tu fais bien de me le préciser… ».

« Oh! Que tu as les idées bien mal placées ».

- »Mais non, mon JM ! Pourquoi dis tu çà ? C’est comme toi et moi : on ne cherche que des rencontres amicales… »

Carine, à l’avenir changera autant d’orientations professionnelles que de petits copains. Elle se reprendra un autre plat de la main par une de ses futures liaisons. Comme quoi !!! A cette occasion, elle ne portera pas plainte. Une fois suffit.

En deux rencontres, excepté l’avarice la péronnelle me montrera un échantillon, de chacun des 7 pêchers…

Le déménagement se fit en 3 heures. Mariette ne m’avait posé aucune question sur ma vie. J’étais presque soulag é, quand au moment de nous dire au revoir elle lança :

« Vous conviendrez d’un jour avec JM, pour venir manger à la maison avec… Votre amie ».

Sophie jouera le jeu… Nous reverrons souvent Mariette et JM ; des invitations chez les uns, et chez les autres ; des week-ends à la montagne ; nous partirons même en voyage ensemble. Mariette ne nous posera guère plus de questions, sur la relation que nous entretenions Sophie et moi. Et je comprendrais plus tard pourquoi une telle discrétion sur notre vie privée.

Quant à JM au moment de partir, il me glissa à l’oreille :

« Je t’appelle tout à l’heure, j’ai quelque chose à te demander… »

Je pris la route pour rejoindre la presqu’île de Giens, afin d’embarquer pour Porquerolles.

Sur la route, mon téléphone se mit à sonner : c’était JM… Que me voulait-il ?